A 682 m d’altitude, Grenade est située au pied de la sierra Nevada. Depuis la plaine elle s’accroche à la
montagne par trois collines séduisantes dont celle de l’Alhambra et celle de
l’ancien quartier arabe « l’Albaicin ».
Dès le Vè siècle avant J.C. un
village existe qui s’appelait « Illibéris » à l’époque romaine. Grenade
prit de l’importance sous l’occupation Arabe dès le déclin amorcé de Cordoue.
En 1010 la dynastie des Omeyyades chute
au profit de l’émirat Ziride. Le calife choisit de s’implanter sur le site de Gharnâta (actuelle Grenade) grâce à la beauté de sa vega (plaine-oasis) et à la
difficulté d’investir la ville. Les souverains du royaume Ziride s’attachèrent
surtout à embellir Gharnata tant le site les éblouissait.
En 1090 les Almoravides qui sont des moines-guerriers Berbères prennent Grenade et l’occupent jusqu’en 1156. Ils
passeront leur temps à lutter contre les Castillans, c’est ainsi qu’en 1125 ils
renforcent les murailles de l’Alcazaba pour mieux résister aux attaques.
En 1156 commence la domination des Almohades : ce sont des Berbères qui font partie d’une tribu
venant de Marrakech. Ils ont déjà pris Cordoue et Séville et vont passer leur
temps à combattre puis à résister contre les chrétiens-castillans mais aussi
contre d’autres Arabes.
En 1232 le chef de l’insurrection musulmane contre les Almohades prend le gouvernement de
l’Andalousie. Son successeur Muhammad Ibn Al Ahmar fonde l’Alhambra en 1238.
Juste avant en 1236 Cordoue est tombée aux mains des chrétiens, et les musulmans
de Cordoue se réfugient à Grenade où la dynastie Nasride gouverne jusqu’en 1492.
Pendant ces 250 ans les Nasrides cohabitent avec les Castillans. Le royaume
était modeste en taille et en richesses (il s’étendait jusqu’à Malaga et
Almeria). D’ailleurs l’Alhambra a été embellie avec de vulgaires briques et du
stuc. Les productions agricoles locales étaient insuffisantes, il fallait
exporter, et les dissensions perpétuelles au niveau du pouvoir ont fini par
avoir raison de la résistance contre les Castillans. La véritable guerre fut
déclarée vers 1465. Les Castillans voulaient en finir avec l’enclave de
Grenade ; la guerre fut méthodique, les villes tombaient les unes après les
autres. En 1485 Ronda passait entre les mains castillanes puis en 1487 ce fut le
tour de Malaga. Grenade va encore résister 5 ans mais le 1er janvier
1492 les troupes chrétiennes s’emparent de la ville et de ses forteresses sans
combattre. Les derniers arabes se réfugièrent dans le quartier de l’Albaicin.
Ils furent réprimés vers 1570 puis disséminés. En 1609 un décret ordonne
l’expulsion de tous les Arabes restés dans le royaume de Grenade.
Le poète Federico Garcia Lorca est né à Grenade en 1895. Il y a été fusillé le 20 janvier 1936 durant la
guerre civile avec l’accord du général nationaliste Valdés.
A travers Grenade
La Cathédrale et la
Chapelle Royale :
La cathédrale date de 1523,
elle est de style gothique avec des ajouts Renaissance. Vous admirez la très
belle « Capilla Mayor » sur 45 m de hauteur. Sur la nef centrale on rencontre
deux buffets d’orgue (recto-verso) impressionnants du XVIIè siècle.
Juste avant la semaine Sainte on peut voir en dehors de la cohue les "pasos"
avec la vierge ou le Christ exposés dans les églises.
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La chapelle royale se visite indépendamment de la cathédrale : c’est un édifice gothique conçu en 1507 et qui accueille les tombeaux des Rois catholiques. Isabelle de Castille morte en 1504 et Ferdinand d’Aragon mort en 1516 reposent dans cette chapelle. La grille d’accès aux tombeaux est très riche, quant au retable il est superbe et richement décoré comme dans les cathédrales de Tolède et Séville.
Quartier de l’Albaicin :
Il est accroché à flanc de
colline et constitué d’une multitudes de maisons blanches et de jardins
mauresques. Il y aussi des couvents et des églises. De la terrasse de l’église
Saint-Nicolas on a la meilleure vue sur l’Alhambra et la sierra Nevada,
particulièrement en fin d’après-midi. En bas près du torrent du Darro on peut
visiter les « banuelos » (bains arabes) très bien conservés. Il ne faut pas
manquer la rue « Caldereria nueva » pour son ambiance mauresque, ses boutiques
arabes et ses « teterias », salons de thé arabes. Souvenons-nous que
les arabes se sont réfugiés dans ce quartier après l'invasion des Rois
catholiques.
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