Quelques personnages célèbres

DANTE  Alighieri (1265 – 1321)
Ecrivain, poète florentin, auteur de la « Divine Comédie » il est aussi grammairien et inspire la langue italienne telle qu'elle est écrite aujourd'hui. Il naquit en plein conflit « guelfes-gibelins » et prit une part active dans la politique locale, se rangeant du côté des guelfes modérés (guelfes blancs), ce qui lui valut une exclusion définitive de Florence en 1302. Il vécut alors à Vérone, Trévise, Padoue, Venise, Lucques et mourut 20 ans plus tard à Ravenne. Toutes ses oeuvres en langue toscane sont écrites pendant son exil : la Divine Comédie, la Vita Nuova, la Monarchia etc.

PETRARQUE  (1304-1374)
Poète lyrique et grand humaniste italien, archéologue et historien. Il n’est pas florentin et il passa sa jeunesse en Avignon, mais sa gloire toscane est due à ses poèmes écrits en toscan.

Les personnages de la Renaissance :
Si Florence incarne si bien la Renaissance, elle le doit bien sûr à ses artistes contemporains du Quattrocento puis du XVI ème siècle, et beaucoup aux autorités politiques qui ont sollicité ces artistes. A Rome ce sont les Papes qui ont impulsé ces oeuvres uniques.

BRUNELLESCHI  Filippo (1377 – 1446)
Cet architecte a travaillé essentiellement sur des églises florentines. Il doit sa renommée à la construction de la coupole de la cathédrale de Florence, Santa Maria dei Fiore, entre 1421 et 1436. A l’emplacement actuel de la coupole il y avait du vide et la cathédrale était à ciel ouvert. Les florentins voulaient absolument surmonter ce trou d’un édifice, mais la tâche était ardue à cause de la circonférence très importante à cacher. On ne pouvait pas travailler avec des échafaudages. Le gouvernement florentin lança un concours pour nommer un architecte. Cette construction était jugée tellement difficile que les projets les plus farfelus furent exposés. Aucun ne fut retenu dans un premier temps mais les florentins tenaient absolument à sauver leur honneur et à embellir le monument. Brunelleschi fut donc rappelé et finalement choisi. Il utilisa une technique judicieuse qui consista à élever un premier dôme sur le bord intérieur de l’édifice, en partant du bas, ce qui ne nécessita point d’échafaudage, puis il éleva un deuxième dôme extérieur (celui qu’on admire depuis la ville) en laissant un couloir entre les deux. Il se servit du couloir pour accrocher des échafaudages. Le résultat est impressionnant par la taille : 70 cm d’épaisseur pour le dôme extérieur, 45 m de diamètre, 87 m de hauteur !

GHIBERTI Lorenzo (1378 – 1455)
C'est lui qui est choisi par concours pour exécuter la porte nord du baptistère de Florence, qui a pour thème la vie du Christ. En 1425 il entame la porte est, "Porte du Paradis" selon Michel-Ange, qui représente des scènes de l'ancien testament : 25 ans de travaux par porte pour un résultat sublime (voir les photos). Il a réalisé aussi d'autres bronzes pour Orsanmichele et pour le baptistère de Sienne. Son fils et Pisano ont réalisé la porte sud du baptistère de Florence.

FRA ANGELICO (1387 – 1455)
Dominicain depuis 1408, il était rattaché au couvent San Domenico de Fiesole. En 1432 il peint "L'annonciation". Puis en 1436 Cosme de Médicis obtient que son ordre soit rattaché au couvent San Marco de Florence. Il le restaure et y peint une série de fresques réputées "La descente de la croix", "Le Christ outragé". Ces succès lui permettent de rallier le Vatican en 1447.

CÔME  l'Ancien ( 1389 - 1464 )
Fils du premier Médicis de Florence, en 1429 Côme l'ancien hérite d'une banque prospère qui lui apporte une fortune qu'il va faire intelligemment fructifier en associant la ville de Florence à ses opérations; de sorte qu'il acquiert un pouvoir moral important dont il use discrètement mais abondamment. Ainsi il fait construire de nombreux monuments à Florence. Il laisse ensuite le pouvoir à Laurent le Magnifique, son petit fils.

LAURENT le Magnifique  (1449 - 1492)
Diplomate homme politique, mécène, poète et deuxième grand héritier des Médicis. Toujours entouré d'artistes, poètes ou philosophes il fut un grand mécène pour Florence, régna sur la ville dès l'âge de 20 ans à la mort de son père Pierre le Goutteux, et contribua largement au rayonnement artistique de Florence sous la Renaissance surtout après la conjuration des Pazzi de 1478. Il incarne pleinement le Quattrocento dont la fin coïncide avec sa mort. Mais sa folie des grandeurs assécha les finances des Médicis. A sa mort le pouvoir des Médicis sur la ville de Florence change de main, et la ville connaît une courte période de décadence. Les Médicis domineront Florence jusqu'au milieu du XVIIè siècle.

Jean Pic de La Mirandole (1463 - 1494)
Humaniste italien, héritier d'une fortune considérable, il étudia et voyagea à son gré ce qui lui permit de se consacrer au savoir. Bien qu'adepte de la philosophie naturelle, il voulut réconcilier les contraires en réunissant le monde d'Aristote et celui de Platon et aussi en conciliant sciences, philosophie et religion : le pape le considéra comme hérétique. Il est le premier philosophe à avoir introduit la Kabbale chrétienne.

BOTTICELLI  Sandro  (1444 – 1510)
Peintre florentin. De nombreuses madones , des tableaux religieux et mythologiques.

LEONARD DE VINCI  (1452 – 1519)
Né dans le village de Vinci, c'est quand il a 12 ans que ses parents l'envoient à Florence. En 1465, il entre dans l'atelier de Verrocchio qui pressent du talent chez Léonard. Sur ses tableaux, il lui confie la réalisation d'anges  que Léonard réussit parfaitement. Il savait rendre la transparence réelle sur un tableau ainsi que le contraste. La peinture pour lui était l'art le plus noble. Mais il n'a réalisé qu'une douzaine d'oeuvres dont bien sûr la Joconde, la Vierge aux rochers, la Cène, La vierge, l’enfant Jésus et sainte Anne; et encore bien souvent il ne finit pas ses oeuvres. Il est peintre mais aussi sculpteur, architecte, musicien, il s'intéresse aux mathématiques, à l'acoustique, bref c'est un savant de la renaissance, curieux de toutes les sciences.  Il rejette la magie, l'astrologie, la superstition, et ce, en totale opposition avec la pensée unique de son temps (naturellement il est non croyant). C'est dans le dessin qu'il excelle : il réalise des plans de machine de guerre sophistiqués. Il n'est attaché à personne ni à aucun lieu, c'est plutôt un mercenaire, c'est pourquoi en 1483 il part travailler pour les Sforza à Milan, au service de Ludovic. En 1500 il effectue des séjours à Mantoue et Venise, puis retourne à Florence avant de revenir à Milan en 1508 pour Charles d'Amboise. En 1513 Julien de Médicis l'accueille à Rome, puis en 1516 il rejoint François 1er jusqu'à sa mort trois ans plus tard.  Il  incarne parfaitement la seconde Renaissance.

MACHIAVEL  Nicolas  (1469 – 1527)
Comme politique, philosophe, écrivain, diplomate. En 1498 il est nommé secrétaire de la République de Florence. Il effectua plusieurs missions diplomatiques en France et en Italie. Il écrit beaucoup d'histoires sur la politique et la tactique, dont "Le prince", ce qui contribue aujourd'hui à tort à utiliser le mot "machiavélique", pour dénoncer une méthode sans scrupule. Il s’éloigne du pouvoir en 1512 quand les Médicis y reviennent (bien après la mort de Laurent le Magnifique en 1492). Il a écrit des poèmes et des pièces allégorico-satirique au sujet des Médicis. Puis en 1525, il a notamment écrit les "Histoires Florentines" (à la demande des Médicis !), cette chronique se situant exactement pendant la période du Magnifique. Il meurt un mois après que les Médicis perdent à nouveau le pouvoir.

MICHEL-ANGE  ( 1475 – 1564)
Sculpteur, peintre, architecte et poète. On lui doit des œuvres monumentales à Florence et Rome : diverses Piéta, la statue de David, les tombeaux de Laurent II et Julien de Médicis dans l’église de San Lorenzo, diverses statues pour Florence et Rome, les gigantesques fresques de la chapelle sixtine à Rome, les peintures de la coupole de Saint-Pierre de Rome …

CÔME 1er  (1519 – 1574)
C'est Charles Quint qui redonne le pouvoir aux Médicis, ceux-ci le conservent pendant plus de deux siècles. Côme 1er va redorer le blason de Florence, il soumet la ville de Sienne et restaure le mécénat qui permet à la ville de développer à nouveau son art. C'est lui qui fait construire le corridor secret qui relie le Palazzo Vecchio au Palais Pitti.

... et aussi Giotto, Raphaël, Donatello ... et bien d'autres.

Les grandes familles florentines
Hormis les Médicis, ceux-ci avaient des rivaux : les Pazzi, famille de banquiers rattachés aux Guelfes, qui ont fait construire leur palais, inachevé suite à l'exécution de Jacopo en 1478. Les Pitti, grands marchands florentins qui ont fait construire leur palais après 1440 sous l'impulsion de Luca Pitti. Ce palais devint par la suite résidence officielle des Médicis. Il servit aussi de modèle à Marie de Médicis pour construire la palais du Luxembourg. Enfin les Strozzi, marchands florentins qui ont construit leur palais vers 1489.