Sur les origines de
Florence :
Selon Dante, les commerçants de la ville de Fiesole située
sur une colline non loin de la Florence actuelle, souhaitaient augmenter la
fréquentation de leurs marchés. Ils auraient donc déplacé le lieu des marchés
vers la plaine, près de l’Arno, afin de les rendre plus accessibles. Par la
suite ils ont construit des abris à marchandises et enfin des maisons, sous le
règne des romains. Après l’assassinat de l’empereur César, les citoyens qui se
partagèrent l’empire envoyèrent à Fiesole des colonies qui s’implantèrent
principalement sur les bords de l’Arno.
L’origine du nom de Florence pourrait provenir de Florinus,
l’un des chefs de la colonie. Pline l’ancien parlait des Fluentins qui
habitaient près du fleuve Arno, ce témoignage étant très controversé par
Machiavel qui pense que finalement Florence a toujours porté son nom actuel.
Toutefois la naissance de Florence date bien de l’époque de l’empire romain.
L’histoire de la fabuleuse rivalité entre
guelfes et gibelins :
Dans toute son histoire Florence a toujours été dominée de
façon périodique par une famille qui tirait les ficelles du pouvoir. Les
antagonismes entre les différentes familles engendraient des luttes intestines.
Au moyen âge, les conflits se réglaient par les armes, l’assassinat, le complot,
la trahison. Les premières rivalités opposèrent les Buondelmonti (environ 42
familles) et les Uberti (environ 22 familles)
pendant 33 années, entrecoupées de trêves. Durant toute cette période une
quarantaine de palais furent rasés. Le prince Frédéric II aida les
Uberti à chasser les Buondelmonti. Ce fut alors une suite de rivalités entre les
guelfes, partisans des Papes et donc du Saint siège, et les gibelins partisans
de la primauté des empereurs. Florence était profondément divisée puisque toutes
les familles étaient associées à l’un ou l’autre des deux camps. Par exemple les
Buondelmonti soutenaient les guelfes et les Uberti étaient partisans des
gibelins, ces deux familles entretenant de vieilles inimitiés. Ce sont les
gibelins qui sortirent (provisoirement) vainqueurs les premiers : les guelfes
furent chassés de Florence et se refugièrent dans leur châteaux fortifiés du Val
d’Arno d’où ils organisèrent la résistance vers 1260.
A la mort de Frédéric II, ses successeurs entreprirent de
réconcilier les deux parties ce qui aboutit à une paix qui permit aux guelfes de
revenir à Florence. Une forme de gouvernement politique fut organisée et une
défense militaire fut créée. A partir de cette époque Florence construit sa
liberté, et commence à dominer la Toscane. Puis Florence acquiert une stature
importante dans toute l’Italie pendant une dizaine d’années.
Cependant les guelfes renforcent peu à peu leur autorité
morale sur la ville. Les gibelins comprennent que la situation s’inverse en leur
défaveur, et les Uberti décident alors de prendre les armes, comme pour renouer
avec le bon vieux temps. Mais le peuple, pensant que sa liberté serait mieux
garantie avec l’église plutôt qu’avec l’empereur, et les gibelins ayant été très
odieux avec le peuple, ce dernier s’associe aux guelfes et ensemble ils chassent
tous les gibelins qui se réfugient à Sienne en 1267.
Les Uberti (du clan des gibelins) s’allient avec Manfred
le roi de Naples. Ils déclarent à nouveau la guerre aux guelfes, et l’armée de
Manfred les décime sur la rivière d’Arbia. Les guelfes se réfugient à Lucques.
Après cette victoire les gibelins soumirent Florence à la domination du
roi de Naples, qui entreprit de supprimer toutes les institutions trop
libertaires construites avec les guelfes auparavant. Cela eut pour effet
d’accentuer et de pérenniser la haine du peuple envers les gibelins. A cause de
cette « préférence » du peuple pour les guelfes, il fut question un moment de
détruire Florence, mais la faction à l’origine de ce projet n’eut point les
faveurs de Manfred, le roi de Naples. Florence fit tant pression sur Lucques que
les guelfes réfugiés en furent chassés. Ils trouvèrent l’hospitalité à Bologne
puis à Parme où ils aidèrent à combattre et à vaincre les gibelins.
Sur ce, les guelfes offrirent leurs services au pape Clément
qui avait demandé à Charles d’Anjou d’éliminer Manfred. Dès qu’il fut tué, les
guelfes purent revenir à Florence, où leur parti pris peu à peu l’ascendant sur
les gibelins toujours au pouvoir. Les Uberti décidèrent alors brutalement
d’imposer le peuple, mais celui-ci refusa violemment. S’ensuivit alors une
émeute provoquée par les gibelins, de laquelle le peuple sortit vainqueur. Mais
sa naïveté le conduisit à rappeler à la fois les guelfes (chassés depuis six
ans) et les gibelins à Florence, dans un souci de rétablir l’union.
Rapidement une rumeur qui répandait l’information que le neveu de Manfred
venait d’Allemagne pour conquérir le royaume de Naples incita les guelfes à
demander assistance à Charles d’Anjou pour résister à une éventuelle
invasion : cela rendit les guelfes incontrôlables et insolents. Les gibelins
effrayés s’enfuirent d’eux-mêmes avant l’arrivée de Charles. Malgré une
tentative du pape Grégoire X (successeur de Clément) de faire revenir les
gibelins, Florence était gouvernée par les guelfes, vraiment trop insolents,
couvrant d’impunité des meurtres commis par la bourgeoisie locale.
Après cette période,c’est le pontife Nicolas III qui envoie
un légat qui fait revenir les gibelins dans le but de diminuer la puissance des
guelfes. Charles d’Anjou perd son autorité sur Florence.
Ensuite sous le pontificat de Martin IV, Charles fut rétabli dans son
autorité, cela réveilla les vieilles rivalités, les factions, et les gibelins
furent exclus du gouvernement en 1282.
Petit à petit le peuple chassa la noblesse du gouvernement, puis Florence
s’agrandit géographiquement pour atteindre sa taille actuelle, elle s’enrichit
encore plus et sous la Renaissance son rayonnement culturel fut immense.
Nota bene : ce succint résumé n’a aucunement la prétention de se substituer aux documents historiques existants et faisant foi.
Aujourd'hui, dans les pays occidentaux, dits civilisés, le
monde moderne nous a apporté le progrès et surtout le confort, du moins pour 90%
de la population de ces pays. Malgré cela vous constaterez que l'entreprise, le
monde politique, le sport, les villages, ..., bref la vie quotidienne,
sont toujours le théâtre de complots, d'antagonismes, de félonies, de luttes
féroces pour le pouvoir, pour l'argent, exactement comme au Moyen Age, à la
Renaissance et de tout temps. Socialement un groupe de personnes exprime
toujours des difficultés à vivre dans la sérénité. Seule la forme a changé : on
assassine moins, on utilise la presse pour corrompre, diffamer, salir une
réputation, on utilise son petit pouvoir pour s'imposer dans une entreprise ...
Au fond, mis à part les méthodes, qu'est ce qui a changé ?
Heureusement il nous reste la culture, la liberté de penser et de
s'exprimer qui sont des biens essentiels que nous devons absolument préserver.
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