La Rome antique (avant Jésus Christ)
Il est difficile de conter l'origine de Rome tant le mythique y prend une grande
part. Virgile raconte que le héros troyen Enée voulait fonder une nouvelle Troie
au bord du Tibre. Mais au VIIIè siècle avant J.C. naquirent les jumeaux Remus et Romulus issus de
l'union du Dieu Mars avec une Vestale, fille du roi Numitor. La légende raconte
qu'Amulius, frère du roi Numitor, fit jeter les deux jumeaux dans le Tibre. Le courant les ramena sur le rivage au pied du mont
Palatin, où ils furent secourus et allaités
... par une louve puis un pic-vert ! Plus tard en 753, ils eurent
l'idée de fonder une cité mais pour cela il fallait normalement l'accord des
Dieux. D'après l'observation du vol des oiseaux depuis les collines du Palatin
et de l'Aventin, Romulus s'attribua le privilège de fonder Rome. Comme le voulait la coutume
étrusque il traça
le sillon sacré à la charrue pour délimiter la cité, mais son frère Remus, jaloux, le
défia et osa franchir les
limites fictives de la future ville. Il fut alors assassiné par Romulus.
C'est ainsi
que serait née Rome, au moment même où Athènes devenait influente grâce à son
développement culturel.
En fait, dès le début du VIIIè siècle l'endroit commence à se peupler
suite au regroupement de villages latins et sabins sur les 7 collines de Rome
qui sont 12 aujourd'hui. C'est plutôt à partir de 616 que la ville
prit forme sur l'emplacement actuel du Forum romain, pendant la période des 7 rois
étrusques. Plus tard la
population va augmenter toujours sous les Etrusques vers 500.
La République (509 à 31 avant Jésus Christ)
Après une période monarchique qui se termine par un rejet du roi par les
Romains, une
république est fondée en 509 : disons que le pouvoir se retrouve entre les
mains d'une oligarchie patricienne et plébéienne qui se sert du Sénat pour faire
passer ses lois. La république profite à quelques citoyens libres. Plus tard vers 390 les gaulois
de Brennus envahissent le nord de l'Italie et démolissent Rome. Au début du IIIè
siècle les Romains contrôlent l'Italie centrale jusqu'à l'Adriatique. Ils
veulent s'attaquer à la Grèce, mais ils trouvent le grand soldat Pyrrhus et ses
éléphants meurtriers sur leur chemin. Au début Pyrrhus va gagner de nombreuses batailles mais tout en
perdant beaucoup d'hommes : ses victoires lui coûtent très cher. Il finira
d'ailleurs par fuir
l'Italie car les carthaginois se sont associés aux romains pour chasser Pyrrhus. Toute la
deuxième moitié du siècle verra s'opposer Rome à Carthage pendant les
deux interminables guerres puniques (264 à 241 puis 219 à 201) qui se terminent par la défaite d'Hannibal et de
ses éléphants face au général romain Cornelius Scipion en 201, et enfin par la
destruction de Carthage en 146 (troisième guerre punique 149-146). Vers 118 Rome
conquiert le sud de la Gaule qui deviendra la Provence. La République de Rome
étend son emprise jusqu'en Grèce, en Asie Mineure grâce au général Pompée
vainqueur d'une quantité innombrable de batailles, et en Afrique du nord. Les
sénateurs de la République, le peuple, tout le monde y trouve son compte
économiquement et socialement. Face à cette expansion géographique et
économique, l'armée prend une importance particulière. Mais la République
contrôle mal la situation, elle se contente de mettre les peuples sous tutelle
sans organiser d'administration. Les régions annexées en profitent pour se
rebeller, pour nouer d'autres alliances. Même à l'intérieur de la botte, le
gladiateur Spartacus arrive à organiser une sédition en 72 avec des milliers
d'esclaves. Elle est sévèrement réprimée au bout de plusieurs mois par le
général Pompée et par Crassus qui tuent 11000 esclaves ainsi que Spartacus. Le
riche et ignoble Crassus fait crucifier 6000 esclaves en exemple le long de la
via Appia. Pompée
continue sa charismatique ascension sociale en nettoyant la Méditerranée de ses
pirates et en annexant une partie de l'Orient jusqu'à la mer Caspienne.
Il faut attendre
le sénateur Jules César (101-44 av. J.C.) pour que le territoire romain s'étende
sensiblement. C'est un fin stratège militaire et un tacticien politique doté
d'une ambition sans limite. Il a compris que la République se délite. Il
remplace le philosophe Cicéron au poste de Consul en 59 grâce à l'appui de Pompée le génial militaire et de Crassus
le riche. Il part alors à la conquête de
la Gaule, riche à cette époque de son agriculture et de son économie. Les
gaulois étaient courageux, forts mais désorganisés. César soumet finalement la
Gaule à Aléria 52 ans avant J.C. en faisant capituler Vercingétorix et les
Arvernes au terme d'une guerre très difficile qu'il faillit perdre, sans
l'erreur bête de Vercingétorix qui voulut livrer une bataille de trop. Pendant
ce temps le Sénat perd le contrôle de la situation à Rome, l'anarchie s'installe
et la République connaît son crépuscule. Profitant de la désorganisation, Pompée se fait nommer consul, puis en 50 les sénateurs
rappellent César à Rome. Auréolé de ses succès gaulois César décide de revenir asseoir son
hégémonie sur Rome. "Alea jacta est" : il franchit le Rubicon le 11 janvier 49. Le
valeureux Pompée va prendre la fuite vers la Macédoine. Un an après César vient
l'attaquer, et Pompée est à nouveau obligé de fuir vers l'Égypte où il est tué.
C'est à Alexandrie que César va connaître Cléopâtre, lui faire un enfant et
l'installer sur le trône d'Égypte. En 45 il revient définitivement à Rome où une
conspiration prend forme. Il se fera nommer dictateur à vie trois mois avant d'être
assassiné par une conjuration le 15 mars 44.
L'Empire (31 avant J.C. à 476)
Son petit neveu Octave, remarquable tacticien politique, lui succède en se
débarrassant peu à peu de ses adversaires, Brutus etc. Antoine et Cléopâtre se
suicidant à Alexandrie en 31, Octave restait seul maître à bord après la
bataille navale d'Actium. En 29 avant J.C. il revient à Rome et deux ans après le Sénat lui décerne le titre
d'
Auguste, ainsi il devient rapidement le premier empereur romain.
Sous son long règne de 41 ans l'Empire romain s'étend à l'ensemble du bassin
méditerranéen, jusqu'en Espagne, au Danube, en Numidie, en Syrie, l'Égypte
constituant la résidence impériale. Octave Auguste avait organisé la gestion de
cet Empire, mais il s'inquiétait pour sa succession. Il n'avait pas de
descendant direct et craignait que l'anarchie revienne après sa mort. Il avait
fait épouser sa fille Julie à son fidèle Agrippa mais celui-ci mourut ainsi que
ses deux fils. Sans état d'âme il remaria Julie à Tibère. La plupart des
empereurs ont adopté leur successeur pour assurer la lignée.
En 14 après J.-C. le Sénat
désigna naturellement Tibère (Julio-Claudien) comme successeur du défunt Octave-Auguste.
C'était un militaire, organisé, suspicieux. Il voulait être exemplaire, il était
austère voire ascète. Il ne voulait pas des pleins
pouvoirs, il voulait restaurer le travail du Sénat et confier des
responsabilités aux sénateurs. Ceux-ci ne voulaient point de réforme, ils se méfiaient de
Tibère et pensaient s'en débarrasser au bout de 4 ans. Germanicus et sa femme Agrippine
(la fille
d'Agrippa) n'arrivèrent pas à l'éliminer, et même si
Tibère passa la fin de son règne à Rhodes puis à Capri où il se retira, il gouverna pendant 23 ans jusqu'en
37. Comme Octave-Auguste il se souciait de qui allait lui succéder : il ne
restait guère que l'inquiétant Caius, fils de Germanicus, allias Caligula. Grâce à
Tibère et Octave-Auguste, ce qu'on appelle l'Empire fonctionnait en réalité comme
une monarchie républicaine qui s'appuyait sur des institutions. Ce système extrêmement fragile
va durer cahin-caha jusqu'en 476 !
A la mort naturelle de Tibère en 37, Caligula lui succède à 25 ans. C'est un
être mal élevé mais intelligent, il est adoré au début. Il restaure le pouvoir
des grandes magistratures, amnistie, gâte le peuple. Rapidement vont apparaître
ses aspects cruel et meurtrier, mais uniquement envers la haute société car il
n'aimait que le peuple. Il commence à faire disparaître des gens. Il devient
mégalomane, instaurant des prosternations, voulant qu'on l'assimile à un Dieu,
se déguisant avec des peaux de lion comme Hercule, et du lierre comme Bacchus.
Il s'accoutre en Apollon, en Vénus. Il reste généreux avec le peuple, lui
faisant jeter des pièces d'or du haut de la basilique Julia. Puis viennent les
cruautés envers les sénateurs et les notables. Évidemment le Sénat ne songea plus qu'à s'en
débarrasser, car il fit torturer bien du monde. En 40 ses turpitudes dépensières retournèrent le peuple contre lui. C'est le 24 janvier 41 qu'il est assassiné par Chaerea et une
conjuration de notables.
Le lendemain son oncle Claude, le frère cadet de
Germanicus, est désigné empereur par le
Sénat : c'est un personnage sans manières, falot, ivrogne, coureur et bègue,
mais érudit comme souvent le furent ses prédécesseurs. Il se faisait passer pour
un idiot. Contre toute attente, il
organise l'administration en délestant les sénateurs de certaines
responsabilités qu'il confie à des grecs affranchis, et renforce ainsi son
pouvoir personnel. Il a un souci de la justice surtout avec les esclaves, les affranchis, les provinciaux,
avec lesquels il est généreux. Mais il réprime
durement les complots et se met à dos à la fois le Sénat et les chevaliers. Il
exile Sénèque en Corse pendant huit ans. Agrippine la jeune, fille de Germanicus
et d'Agrippine, donc nièce de Claude, et sa deuxième femme, fera revenir Sénèque
notamment pour élever Néron et pour influencer le Sénat. La fin du règne de
Claude est marqué par sa décrépitude physique. En octobre 54 il meurt d'intoxication alimentaire, vraisemblablement empoisonné
par Agrippine la jeune qui veut imposer son fils Néron en
successeur.
Fort logiquement, Néron élevé par le philosophe Sénèque, devient
empereur à 17 ans. Il est jeune, aime la fête, les
déguisements, la plèbe l'adore et il le lui rend bien. Les premières années il travaille en collaboration
avec le Sénat, voit les philosophes, est cultivé, curieux de tout, au grand dam de sa mère qui n'arrive pas à le manipuler
et se rapproche de son frère Britannicus. Mais le pouvoir ne se partage pas.
Agrippine la jeune devient tellement gênante que Néron la fait assassiner en 59. A partir
de cet évènement il s'affranchit progressivement de l'influence de Sénèque et
commence à se comporter en Roi-Soleil : il est illuminé par le mythe solaire. Il s'engage dans des courses de chars,
fait du théâtre, il multiplie les spectacles, les jeux, car pour lui c'est écrit
dans les astres. Cela plaît au peuple,
mais les notables apprécient moins la dérive monarchique du pouvoir :
aujourd'hui on le qualifierait de mégalomane, d'ailleurs au Sénat il passe pour
un fou. Le 18 juillet 64 Rome prend feu.
L'empereur Néron rentre de toute urgence à Rome et met tout en oeuvre pour
secourir les habitants et éteindre l'incendie. Mais cela dure une semaine et
Néron est accusé d'avoir provoqué l'incendie, ce qui est fort peu probable tant
il y a perdu de biens personnels et n'y avait aucun intérêt. Néron
fait d'ailleurs tout reconstruire. Mais l'argent commence à manquer ainsi que
les sages conseils de Sénèque et l'armée connaît des revers. Pour réprimer une révolte en Gaule, il contraint
au suicide de grands chefs militaires. Une première tentative d'assassinat
échouant, il déclenche une féroce répression dont Sénèque fait les frais. Mais
en juin 68 les sénateurs le font assassiner pour mettre Galba à sa place : c'est
la fin des Julio-Claudiens.
En 18 mois on voit défiler trois
empereurs : Galba de juin 68 à janvier 69, Otho de janvier à avril 69, enfin
Vitellius jusqu'en décembre 69.
Vespasien, rustre mais rusé et pragmatique, prend alors le
pouvoir en douceur. Il va gérer les finances de façon intelligente et drastique.
Début 72 il fait éloigner les stoïciens et les cyniques qui se moquent de lui.
Il fera reconstruire le Capitole et commencera le Colisée. Il meurt de maladie
le 23 juin 79 : ses deux fils Titus (à 40 ans) puis Domitien vont lui succéder.
Titus
l'aîné fut surnommé "l'amour et les délices du genre humain" mais avec beaucoup de
flagornerie étant donné tous les juifs qu'il avait fait tuer 8 ans auparavant. Il était lui aussi
fasciné par les dieux égyptiens. Il poursuivit les travaux de son père : routes,
aqueducs, inauguration du Colisée en 80 ... Il ne prononça pas de condamnations
ni ne spolia. Il a subi la destruction de Pompéi,
Herculanum et sa bibliothèque ainsi que Stabies le 24 août 79 par l'éruption du Vésuve, et peu de temps
après, un autre incendie à Rome, et pour terminer la peste. Titus meurt le 13 septembre 81 et son frère
Domitien le remplace, avec impatience.
Domitien était dans la lignée de
caractère de son frère aîné et de son père, en beaucoup moins aimable, mais la postérité
le présente comme un monstre sanguinaire, au même titre que Néron ou Caligula :
il fut traité de Néron chauve par Juvénal.
Il donne du pouvoir aux chevaliers ce que le Sénat voit d'un mauvais oeil; il réglemente l'agriculture en Gaule, de plus il
fait beaucoup pour la culture (bibliothèques, littérature, musique), il
organise des concours d'éloquence, de musique, de poésie. Il va même faire
supprimer la castration des garçons. Mais
soudain il se met à gouverner en despote et à persécuter les Sénateurs : il fait
régner la terreur sur les opposants. En 93 il expulse tous les philosophes
d'Italie. Comme pour d'autres empereurs, un complot fomenté par quelques
sénateurs le liquide le 18 septembre 96. La dynastie des Flaviens s'achève et Rome à ce moment est très puissante.
La dynastie des
Antonins commence avec le vieux et paisible
Nerva, nommé empereur à 70 ans. Il s'occupe des plus démunis et évite
les crises. Mais étant malade, il décède rapidement le 25 janvier 98.
A 44
ans le soldat
Trajan
lui succède. Son but étant de renflouer les caisses, le seul moyen est
d'agrandir l'Empire. Il conquiert la Dacie (l'actuelle Roumanie) et rapporte 165
tonnes d'or et 330 d'argent à Rome, de quoi solder toutes les dettes. Il fait
beaucoup construire, des forums, des marchés ... Seulement il voit trop grand et
s'attaque à la Mésopotamie et la Babylonie en 113. Les juifs se révoltent en
117; Trajan meurt en août 117 en Cilicie laissant une situation désastreuse en Orient. Malgré
tout il reste comme "le meilleur des empereurs" et surtout celui sous lequel
l'Empire fut le plus étendu : 3 300 000 km², 60 à 70 millions d'habitants
dont 1 million à Rome.
Hadrien, l'Ibère, prend le
pouvoir, réprime durement l'insurrection juive et fait raser Jérusalem. C'est un helléniste convaincu,
cultivé, poète. On le surnomme le "petit Grec". Il va d'ailleurs embellir
Athènes de monuments. C'est un voyageur invétéré qui passe son temps à visiter
et à inspecter ses contrées, il a la réputation de n'être jamais à Rome. Il est autoritaire, ce qui ne plaît pas aux sénateurs. Il renforce le rôle de
l'état pour mieux structurer la gestion de l'Empire. Il
fait construire à Tivoli la splendide villa Hadriana et à Rome le Panthéon et le
château Saint-Ange. Hadrien meurt de maladie le 18 juillet
138.
Avec Antonin, dit "le Pieux" en référence à sa piété envers
Hadrien, les sénateurs retrouvent la tranquillité qui leur sied. C'est un riche
philanthrope amoureux de la Grèce, conservateur qui va gérer prudemment les finances de
l'Empire, et accorder une large place à la justice. Il veille aux droits des
pauvres, des esclaves et des prisonniers, il va aussi limiter la torture. Il
croyait vraiment à la Pax Romana. Il meurt en 161.
Son
adjoint lui succède : Marc Aurèle est un philosophe aussi honnête que
lui. Il partage le titre d'empereur avec son frère adoptif Lucius Verus jusqu'à
sa mort en 169. Comme Antonin, il fait voter des lois en faveur des plus démunis
: les esclaves, les enfants, les orphelins. Marc Aurèle est obligé de faire la
guerre aux barbares pour récupérer l'Arménie en 163, pour contenir des foyers de
sédition un peu partout en Europe centrale. En 167 la peste ravage des milliers
de romains. Après huit ans de guerre et d'absence Marc Aurèle rentre à Rome en
176 pour célébrer son triomphe et s'adjoint son fils Commode afin d'assurer sa
succession. Il le nomme Auguste donc co-empereur. En 177 il persécute les juifs
à Lyon. Après 19 ans de règne dont 17 de guerre, Marc Aurèle meurt à Vienne le
17 mars 180 de la peste, meurtrière en cette période, et laisse sa femme
Faustine seule.
Son fils Commode n'a que 19 ans en 180 quand il devient
empereur. Il
est entouré de conspirateurs et il fait le ménage. On le compare vite à Néron et
Domitien pour la terreur qu'il instaure. De plus il s'identifie beaucoup trop à
Hercule et les sénateurs n'apprécient pas du tout ses farces déguisé en Hercule
ou ses combats de gladiateurs et de fauves dans l'arène : ça rappelait trop
Néron. Il faisait régner la terreur, les vexations sur les sénateurs comme
Caligula. Tout cela ne pouvait se terminer qu'en conspiration, et le 31 décembre
192 Commode est assassiné. Il laisse les finances exsangues et le Sénat
déshonoré. La dynastie des Antonins s'éteint. Deux empereurs vont défiler en six mois.
En juin
193 s'ouvre la dynastie des Sévères avec Septime Sévère qui va mettre quatre
années à éliminer ses deux concurrents. Cet empereur s'appuie beaucoup sur
l'armée au profit du Sénat qu'il néglige. Jusqu'en 202 il était en guerre en
Orient. Dès 196 son fils aîné Caracalla est proclamé César puis en 198 il le
fait Auguste afin de verrouiller sa succession et nomme César son deuxième fils
Geta qui deviendra Auguste en 209. Malade, Septime Sévère meurt le 4 février 211
en Angleterre où il était parti guerroyer.
A 23 ans Caracalla hérite du
pouvoir de son père : rapidement il élimine son rival potentiel de frère, Geta,
en l'égorgeant alors qu'il est dans les bras de sa mère. Cela rappelle le
précédent avec Romulus mais Caracalla était plutôt une brute. Toutefois en 212
il étend la citoyenneté romaine au monde romain entier ce qui établit l'égalité
des droits. A Rome il fait
construire les thermes admirables qui portent son nom. Il fait de l'armée une
caste et double les salaires des soldats. Cette démagogie asséchant les finances
de Rome, il augmente les impôts, dévalue la monnaie, malgré cela il a toujours à
dos la haute société. C'est en voulant agrandir l'Empire comme souvent, qu'il
meurt assassiné du côté du Tigre, le 8 avril 217.
Après un an d'instabilité
politique pendant lequel se succèdent deux empereurs, Héliogabale, un descendant
de Bédouins, lubrique, qui s'entoure de travestis, d'eunuques. On le fait passer pour le fils adultérin de Caracalla,
il est intronisé
empereur auprès de l'armée en mai 218. Celui-ci met plus d'un an avant de
revenir d'Orient, ramenant la pierre sacrée de Syrie; lui aussi a le culte du
dieu solaire et dépasse Néron en extravagances de toutes sortes. Héliogabale est
tué le 13 mars 222 dans une caserne qu'il visitait. Sa grand-mère lui avait
imposé son jeune cousin Alexianos comme César.
Alexandre Sévère sera le
dernier de la dynastie. C'est sa mère qui gouvernait en arrière-plan, et le
Sénat préférait amplement cela à ce fou d'Héliogabale. Mais en 227 il fallut se
rendre en Orient où la guerre menaçait avec les Perses, or Alexandre Sévère ne
connaissait rien à l'armée, il connut quelques déconfitures. Puis en 235 la
Germanie menaçait la frontière nord mais Alexandre Sévère n'était pas à la
hauteur de la situation. Le 18 mars un putsch le renversa et Maximim devint
empereur.
La dynastie des Sévères s'achève et l'anarchie reprend forme pour une
cinquantaine d'années : les militaires deviennent faiseurs d'empereurs et
ceux-ci défilent tous les 2 ans en moyenne, assassinés ou tués au combat en
général, les Barbares et les Perses menacent les frontières, la crise économique
et financière s'installe, les épidémies se développent. Cette situation va durer
jusqu'à l'arrivée de Dioclétien. Les chrétiens aussi prennent de l'importance, c'est une
secte qui se démarque des juifs qu'on a un peu persécutés dans le passé
(notamment Marc Aurèle à Lyon) et qu'on commence à regarder de plus près.
Maximim le Thrace en 235 est couronné par les soldats presque de force; il ne
daigne pas se déplacer à Rome et continue la guerre contre les Germains avec
succès puis contre les Daces. Il nomme César son fils Maximus pour assurer la
lignée. Mais ses guerres coûtent cher et il pressurise le peuple, se met à dos
le Sénat, persécute les chrétiens. Au printemps 238 pendant un mois les
sénateurs réussissent à imposer les Gordiens père et fils comme empereurs mais
Maximim envoie la troupe les défaire. Aussitôt le Sénat nomme deux autres
empereurs que Maximim vient combattre : mais ce coup-ci il meurt avec son fils
dans l'empoignade l'été 238. Les deux autres empereurs connaissent le même sort
peu après, et c'est un cinquième empereur, Gordien III, qui prend le
pouvoir en cette année 238.
Gordien III adolescent ne gouverne pas seul.
En 241 il est influencé par le gouverneur Timésithée dont il devient le gendre.
L'Empire oriental commence à se craqueler vers la Mésopotamie et la Syrie.
Tous les deux partent rétablir l'ordre sur les bords du Danube, mais ils
subissent des revers importants en Mésopotamie où Timésithée est tué le premier,
suivi en 244
de Gordien III sur place. Coup dur pour le prestige des aigles romaines.
Philippe l'Arabe fut proclamé empereur par le Sénat en 244, il conclut
immédiatement une paix un peu bancale mais connaît l'anarchie et les usurpateurs
de partout. Comme toujours il faut partir guerroyer
vers le Danube où il remporte des succès défensifs. En 248 il fait célébrer
fastueusement le millénaire de Rome, pendant la période où l'Empire décline
militairement et politiquement. Puis il confie à Decius le soin de
contrôler le Danube, il s'en sort si bien que ses soldats le proclament
empereur. Philippe l'Arabe est obligé de le combattre et perd à Vérone. Fin 249
il est tué et Decius prend la suite jusqu'en 251. La valse des empereurs
recommence pendant deux ans où on peut compter jusqu'à quatre Augustes en même temps.
Et
en 253 Valérien récupérait la charge de l'Empire, son fils Gallien le secondait comme
Auguste. L'Empire était attaqué de partout : par les Goths en Asie Mineure et
jusque dans les Balkans, par les Germains et les Saxons au nord, par les
Berbères en Afrique du nord, et les Perses attaquaient la Mésopotamie. Pendant
ce temps on persécute les chrétiens en 257 et 258. Les deux empereurs se
partagent les territoires à défendre. L'empereur Valérien se fait capturer en
Mésopotamie en 259 : suprême humiliation pour les aigles romaines. On ne le
reverra plus et Gallien le philhellène se retrouve seul empereur à partir de
260. Il arrête la persécution des chrétiens qui ne lui apporte rien. Après
plusieurs guerres défensives pour maintenir l'Empire il est tué par une
conspiration militaire en 268.
Avec Claude II le gothique commence la
dynastie des illyriens, ces gens originaires de l'Europe centrale, qui ont
beaucoup fait pour l'Empire. Il se consacre d'abord au combat contre les alamans
qu'il écrase vers Bergame, puis repousse les goths dans les Balkans et notamment
à Naïssos en Grèce en 269 aidé d'Aurélien : cela lui vaut le surnom de
"gothique". Il commence à stabiliser l'occident quand la peste l'emporte en
270. Son frère gouverna 19 jours puis les militaires proclament l'Illyrien Aurélien.
L'empereur
Aurélien va récupérer le nord de l'Italie, repousse les Goths et les Vandales
après le Danube. Puis il
s'attaque à l'Orient qui s'effrite aussi. En 272 il fait prisonnier Zénobie la reine de
Palmyre qu'il ramène à Rome, et récupère ses territoires. En 273 Aurélien a restauré l'Empire,
la Gaule, l'Asie, la Bretagne étaient réintégrés. En 274 il fait construire une
enceinte de 19 km autour de Rome pour la protéger des envahisseurs, le "mur
d'Aurélien". Mais il
n'a pas terminé avec l'Orient, il reste à récupérer une partie de la Perse. Il y
retourne en 275 et se fait tuer dans une conspiration crapuleuse en décembre.
L'armée désorientée par cet assassinat imprévu s'en remet au Sénat qui nomme Tacite
à 75 ans. Il est tué en 276 et après un court intermède avec
Florien, c'est l'Illyrien Probus qui devient empereur en 276 et pour 6 ans. Il
s'attaque aux nouvelles hémorragies sur le front du Danube, du Rhin, en Gaule,
en Asie, avant d'être
assassiné comme d'habitude. En 282 Carus est empereur et il décide de
nommer ses deux fils empereurs en 283, se rendant compte que plusieurs Augustes
ne seraient pas de trop pour gouverner cet immense Empire.
Après la mort de
deux des trois empereurs, le Dalmate Dioclétien accède à la fonction en novembre 284
proclamé par ses soldats. Depuis longtemps les empereurs se succèdent à un
rythme effréné pour défendre l'Empire attaqué de toutes parts par les barbares.
Dioclétien va stabiliser le pouvoir en inventant progressivement la tétrarchie,
guidé par son pragmatisme. Ce que faisaient
ses prédécesseurs en s'adjoignant d'autres empereurs comme leurs fils,
Dioclétien va l'institutionnaliser. A compter de
286, l'empereur Dioclétien fit appliquer la tétrarchie. Il voulait
que l'autorité de Rome soit représentée en divers points de l'Empire, et que
celle-ci ne soit plus contestable. Il nomma un adjoint à qui il
donna le titre de César puis d'Auguste. Enfin il adjoignit un César à chacun
des deux Augustes. Cela explique les complications de
l'organigramme. Chacun des
deux empereurs et des deux adjoints résidait en quatre
villes différentes de l'Empire : Milan et Trèves pour la partie occidentale; Sirmium sur le Danube et Nicomédie en Turquie pour la partie orientale.
Cela permettait d'en contrôler tous les secteurs difficiles. Ainsi c'est
Dioclétien qui nomma Maximien à Milan secondé par Constance Chlore à Trèves,
pour contrôler l'Occident. Galère à Sirmium était son adjoint, ensemble ils
géraient l'Orient. De fait Rome
n'était plus résidence impériale mais capitale symbole et Dioclétien n'y mettra pas les pieds
car il gouvernait depuis Nicomédie. Tous les vingt ans les deux empereurs
devaient
laisser la place aux 2 Césars qui devenaient Augustes et empereurs, ainsi
de suite. Ce système permit de centraliser le pouvoir et de hiérarchiser les
décisions. Les deux Augustes étaient censés être délégués de Jupiter et les
2 Césars étaient simplement sous la férule d'Hercule, donc infatigables et fils
de Jupiter : tout un symbole. Dioclétien établissait une
monarchie de droit divin mais les circonstances s'y prêtaient. Cependant toute
l'organisation administrative est réformée, on crée des régions, les diocèses,
le vicaire. On augmente les effectifs de l'armée, on fait rentrer plus d'impôts
et on essaye de juguler l'inflation en contrôlant les prix. La sécurité est mieux assurée. Maximien
assainit l'Empire sur le nord, vers la manche, et sécurise l'Afrique et le
détroit de Gibraltar. Vers le Danube c'est Dioclétien et Galère qui bataillent
pour assagir la région. En 297 Dioclétien vient aider Galère à récupérer la
Mésopotamie. Constance Chlore pacifie la Bretagne et le nord de la Gaule. Il
aura fallu 14 ans pour rétablir l'ordre militaire mais la
Tétrarchie permet donc de mieux gérer l'Empire. D'abord favorable au
christianisme, il le fait interdire en 303 puis fait brûler les églises et
molester les fonctionnaires chrétiens : on doit abandonner cette religion et
revenir au paganisme ou mourir. Onze années de persécutions firent 5000 victimes
jusqu'à ce que Galère y mette fin pendant son règne.
Comme annoncé vingt
ans auparavant, Dioclétien et Maximien démissionnent en 305. Dioclétien sera le
dernier empereur à démissionner, il termine sa vie où il l'avait commencée à
Salone (Split) sur les bords de l'Adriatique. Galère et Constance Chlore deviennent
Auguste, Dioclétien choisit Sévère II et Maximim II Daïa comme Césars à la
surprise générale (on attendait Constantin et Maxence).
En 306 l'Illyrien
Constantin se fait proclamer Auguste par son armée et rappelle Maximien pour le
seconder, tout cela étant parfaitement illégal selon la tétrarchie. L'anarchie
que Dioclétien avait voulu éradiquer était revenue, comme au bon vieux temps et
jusqu'en 324. Galère va rappeler en vain Dioclétien pour revenir asseoir son
autorité, mais ce dernier préfère rester jardiner à Salone. Il y avait tellement
d'empereurs et d'usurpateurs qu'il a fallu la guerre pour les départager comme
autrefois. A 22 ans Constantin entre triomphalement à Rome le 28 octobre 312 et
il réussit à éliminer quatre concurrents jusqu'en 313 puis il fait tuer Licinius
en 324 : enfin seul aux manettes. Il s'occupe de protéger les frontières où les
barbares sont depuis longtemps intégrés parmi les romains, jusque dans l'armée
où ils font merveille. En 330 il renomme Byzance en Constantinople qui devient
capitale de l'Empire. Constantin a favorisé l'expansion du christianisme et les
chrétiens le lui rendent bien en soutenant sa politique. Il a fait construire
les basiliques Saint-Pierre, Saint-Jean-Hors-les-Murs et Saint-Jean-de-Latran à
Rome. En 313 il promulguait l’édit de Milan qui garantissait aux chrétiens une tolérance et équivalait à une reconnaissance
du christianisme comme religion d’État. Il s'adjoint ses quatre fils, en tue un,
puis à la fin de son règne il fait participer ses deux neveux. Il leur partage
l'Empire puis meurt de maladie le 22 mai 337 alors que la guerre venait
d'éclater une fois de plus en Arménie. Il repose à Constantinople.
Jusqu'au 9 septembre il ne se passe
rien, et ce jour-là les trois fils se réunissent et se proclament Augustes, ce
que le Sénat valide. Il y avait deux empereurs de trop et en 340 Constantin II
se fait tuer. Il restait l'empereur d'occident, Constant résidant à Milan, et
l'empereur d'Orient, Constance II basé à Constantinople. Constant défendait encore
mieux les Chrétiens que son père, il essayait d'interdire toute autre forme de
culte et il était mal aimé. Un complot le liquida en janvier 350. Constance II gouvernait comme un grand patron froid. Il envoie Julien le cousin (puis beau
frère) à Marcellus loin de tout pendant 6 ans. Julien devient lettré,
philosophe; il l'envoie ensuite à Constantinople puis Nicomédie. En 351 à 20
ans, après tant d'années de lectures et de prières, il semble que Julien se soit
converti au paganisme, ne pouvant plus souffrir le christianisme, la religion
qui avait massacré sa famille, la religion de la guerre, des tueries entre
chrétiens, des manigances. Il se met à voyager et s'entoure de philosophes. En
351 Constance II s'adjoint un cousin éloigné, Gallus
(frère de Julien) qu'il fait César et qu'il décapite en 354 pour excès de tyrannie.
Julien est rappelé à Milan en 354, il apprend l'assassinat de son frère Gallus
et le prend comme un avertissement. Fin 355 Constance II
appelle Julien, surnommé l'Apostat, pour le
seconder comme César, car l'empereur ne pouvait être sur tous les fronts
à la fois. Julien était envoyé en Gaule pour l'éloigner du pouvoir et
officiellement remettre de l'ordre. En Gaule les généraux contrôlaient tout et
étaient dévoués à Constance II. Julien adorait Lutèce ainsi que la Seine dont il
trouvait l'eau très claire et très bonne ! Julien prit sa mission au sérieux :
avec seulement 13000 hommes mais beaucoup d'efficacité et de savoir-faire il
gagne en 357 contre les Alamans à Strasbourg et il dégage le Rhin. Il est
partout et gagne à chaque fois. Contre toute attente il ramena
l'ordre en Gaule. Constance II et Julien le presque usurpateur se regardaient en chien de faïence, cette
irrésistible ascension inquiétait Constance II d'autant que sa soeur Hélène était mariée à
Julien. L'impératrice Eusébie faisait tout pour qu'Hélène n'aie pas de
descendance, et quand l'enfant vint il fut estropié par la sage-femme envoyée
par l'impératrice. Constance II trouva un prétexte pour affaiblir Julien : les
Perses sur le front oriental devenant dangereux, Constance II prélèva les
meilleures unités de Gaule pour renforcer les défenses orientales et ainsi
dégarnir l'armée de Julien. Seulement les soldats Celtes, Gaulois, Barbares ne
voulurent pas s'éloigner de la Gaule où ils s'étaient établis. Après une
mutinerie ils proclamèrent Julien Auguste. Celui-ci fut contraint d'accepter en
février 360. Les rapports entre les deux empereurs s'envenimaient et au printemps 361
Julien s'ébranla avec 25000 hommes pour l'Orient, tandis que Constance II allait à
sa rencontre depuis Constantinople. Encore une fois les romains allaient
s'entretuer. Mais l'affrontement fut évité par la mort prématurée de Constance
II le 3 novembre 361 : il venait de reconnaître Julien comme son successeur.
Julien entre à Constantinople en vainqueur le 11 décembre 361. Son amour pour la
philosophie le fait comparer à Marc Aurèle qui deux siècles plus tôt encensait
les philosophes. Durant
son court règne il va rétablir le culte païen en annulant les lois de
Constantin, et veut rendre leurs biens aux païens Mais les Chrétiens ne voulaient pas
rendre les trésors païens qu'ils avaient accumulés. Il y eut quelques règlements
de compte mais les Chrétiens ne furent pas persécutés. Puis en 362 sa tolérance
devient de l'intégrisme, il demande aux enseignants Chrétiens de choisir entre
l'enseignement et leur foi, à ce qu'on lise uniquement certains philosophes. En
Orient il était considéré comme un défenseur des romains et à Rome où il ne mit
jamais les pieds, comme un helléniste (un graeculus). Il supprime des postes de
bureaucrates, d'espions, décentralise envers les élites locales et gouverne de
façon libérale comme les Antonins. Après les succès militaires d'antan il voulut
redorer le blason romain et régler le problème Perse : en mai 363 ce sont 65000 hommes et une flotte
impressionnante qui part reconquérir les confins de l'Orient. Julien part pour
Antioche en trimballant sa bibliothèque et des philosophes. Mais les Perses,
malins, ont laissé s'enliser Julien jusqu'au nord de la Mésopotamie, où il fait
très chaud. Il se
voit obliger de brûler sa flotte logistique pour ne pas la laisser à l'ennemi,
ce qui démoralise les troupes. Le 26 juin
363 il est tué dans une bataille vers Ctésiphon où on soupçonne que le tueur était plutôt
romain-chrétien. Il n'a pas désigné de successeur et il n'a pas eu le temps de
revêtir à nouveau le "pallium" (le manteau court des philosophes ) comme il
l'avait rêvé. La dynastie des seconds Flaviens s'achève.
En Perse venait de se dérouler un nouveau fiasco qui
coûta très cher aux romains. A 30 ans Jovien est acclamé par l'armée pour un
court intermède : il nomme le vieux philosophe Saloustios pour négocier la paix.
Toutes les conquêtes de Dioclétien 80 ans plus tôt sont rendues aux Perses, la
moitié de l'Arménie et une énorme bourse. L'empereur commande le repli vers
Antioche en octobre 363, il inhume les restes de Julien à Tarse en passant puis
rentre à Constantinople où il est trouvé ivre mort le 25 février 364.
Valentinien est choisi
par l'armée, il s'adjoint son frère Valens pour s'occuper de l'Orient : l'Empire
est officiellement partagé en deux (exit la tétrarchie). La dynastie des
Valentiniens commence pour un siècle. Valentinien était un
personnage brutal, sanguin, mais il a su redorer le prestige romain, consolider
les frontières occidentales, repousser les offensives bretonnes ou germaniques,
restaurer l'autorité romaine en Afrique. Il savait partager les postes de hauts
fonctionnaires entre les chrétiens et les païens. Il mourut subitement en novembre 375 au
bord du Danube alors qu'il négociait avec des Barbares. La descente aux enfers
ne faisait que commencer. Valens sut contenir l'usurpation de Procope mais il était moins doué pour contenir les frontières et les
Goths arrivaient à pénétrer dans les territoires impériaux grecs par le Danube. En Turquie les affaires allaient mal, Valens allait combattre quand il subit un
sérieux revers qui lui coûta la vie en août 378.
Entre temps en 375, Gratien,
le fils de Valentinien était devenu empereur pour l'Occident à Trêves. Il sut rallier le Sénat que son père
s'était mis à dos mais fut influencé par Damase l'évêque de Rome. Pendant ce
temps l'armée proclama Valentinien II empereur alors qu'il n'avait que 4 ans; on
touchait le fond en matière d'ineptie. En 379 Gratien désigne le caractériel
espagnol Théodose comme empereur d'Orient. Celui-ci prit rapidement l'ascendant et
dirigea l'Empire. Mais tous les deux tombent
sous la coupe de
Damase le chrétien. Jusqu'en 382 ils ont du mal à combattre les
envahisseurs Goths et sont obligés de céder du terrain autour du Danube en
concluant une paix avec les germains. Un an plus tard en 383, Gratien se fait
tuer à Lyon et le trop jeune Valentinien II devient officiellement empereur,
régenté par sa mère Justina. Pendant ce temps un usurpateur du nom de Maxime
envahissait l'Italie et contraignait Valentinien II à se réfugier en Grèce. En
388 Théodose débusqua ce Maxime et le fit tuer. Théodose se réfugia à
Constantinople abandonnant l'occident qui ne comptait plus guère à Valentinien
II qui mourut en 392. Le 17 janvier 395 Théodose
mourait à Milan.
La séparation en 2 empires, le déclin de
l'Empire occidental au Vè siècle :
Ses fils Honorius 11 ans, et Arcadius 18 ans sont régentés
par le général Stilichon, ils se partagent l'Empire et cette séparation devient
définitive. Au Vè
siècle le déclin commence et les 2 Empires vont se déliter peu à peu. Les Maures d'Afrique
deviennent indépendants. En 398 Alaric le Wisigoth chrétien reprend la Grèce à
l'Empire et ravage la Thrace. Entre 401 et 406 le nord de l'Italie est attaqué
par Alaric plusieurs fois, Honorius quitte Milan pour Ravenne. Seul Stilichon
résiste à Alaric mais en 406 la Gaule est envahie par les Barbares du Rhin. En 408
Stilichon est tué par un conspiration, Arcadius l'empereur d'Orient meurt et est remplacé par
Théodose II qui va regarder se dégrader la partie occidentale de l'Empire. Puis
Alaric marche sur Rome en novembre 408 et commence à négocier son retrait : il demande avec succès la
libération d'esclaves germains et tout l'or et l'argent romain, ce qu'on finit
par accepter car la famine et les épidémies gagnent. Après avoir réclamé le nord de l'Italie, la Dalmatie et n'obtenant pas de réponse, il revient
sur Rome en août 410 mais cette fois l'envahit et la pille pendant 3 jours. La prise de Rome fait l'effet
d'une bombe dans le monde car depuis le saccage des Gaulois de Brennus en 390 avant
J.C. personne n'avait touché à Rome qu'on croyait éternelle. Alaric meurt en
411. Son successeur Athaulf va se concentrer sur la Gaule Narbonnaise et en
Espagne, il meurt en 415. En 423 Honorius meurt et c'est le petit fils de Théodose, Valentinien III qui est nommé en 425 empereur d'Occident.
Pendant ce temps le premier Pape Innocent 1er établit la primauté de
l'évêque de Rome dans l'église.
Dès 430 Théodose II en Orient
accepte de payer une rente aux Huns pour avoir la paix. La situation se dégrade
quand la jeune soeur de Valentinien III veut épouser Attila le chef des Huns. La
cour romaine refusant l'alliance sous le prétexte qu'Attila ne serait pas
présentable alors que c'est quelqu'un de cultivé, Attila commence à envahir la Gaule et le nord
de l'Italie jusqu'à Milan. Valentinien III s'étant enfui, c'est le pape Léon 1er qui négocie son retrait :
l'église est bien devenue souveraine depuis Théodose. En 450 Théodose II est
assassiné par ses eunuques, puis en 455 Valentinien III est assassiné sur le
champ de Mars. Léon 1er tente une nouvelle négociation avec Genséric
pour sauvegarder Rome, mais les
Vandales de Genséric envahissent Rome et pillent la ville pendant 2 semaines.
Genséric va annexer l'Afrique du nord dans la foulée, et emmène l'impératrice et
ses filles : gros camouflet pour Rome. L'anarchie est à son paroxysme, la
situation n'est guère reluisante. En 456 Majorien devenant
empereur va conserver l'Italie intacte et même s'incruster en Gaule et en
Espagne. En 459 la flotte romaine partie récupérer l'Afrique, est envoyée par le
fond au large de Carthagène par Genséric. Majorien est assassiné en 461. Mais après lui les empereurs se succèdent à une cadence infernale.
En 467 l'armée occidentale et orientale préparent la reconquête de l'Afrique
mais c'est un nouveau désastre. En
472 sous Olybrius, Rome est à nouveau pillée pour la troisième fois depuis 410.
Puis c'est à nouveau la valse des empereurs pour finir par un enfant de 12 ans
Romulus Augustulus qui allait régner 10 mois. L'Empire occidental se meurt en
476 dans un chaos indescriptible avec le barbare Odoacre qui se proclame roi des
nations.
Le déclin de l'Empire oriental à partir du Vè siècle :
Dans la première moitié du siècle, pendant la décadence occidentale, le monde oriental vivait bien, beaucoup moins
attaqué, avec un pouvoir un peu plus stable. Mais Marcien laisse les Ostrogoths s'installer en Pannonie. Ensuite les empereurs
orientaux auront beau se succéder, y compris le pape Léon de 457 à 474, et
jusqu'à Justinien en 565, l'Empire oriental se transformera en souvenir. Sous
Léon l'Égypte et la Syrie deviennent des provinces dissidentes. Avec Anastase
des économies et les impôts remettent les finances à flot. Après 518 le vieux
Justin ne parvient pas à rétablir l'Empire avec cette cagnotte. En 527 Justinien
qui avait 38 ans de règne devant lui, ne voyait pas que les barbares étaient
incrustés solidement partout et croyait reconstituer l'Empire. Ce fut
extraordinaire mais il parvint provisoirement à reprendre l'Afrique aux
Vandales, l'Italie aux Ostrogoths, une partie de l'Espagne aux Wisigoths.
L'économie et l'agriculture étaient redevenues florissantes, la culture
rayonnait avec la cathédrale Sainte Sophie et les fresques de Ravenne, même si
en 529 la philosophie païenne disparut avec la fermeture de l'école d'Athènes.
Tout s'acheva en 565.
Tous les empereurs auront contribué à leur façon à l'expansion et surtout au
rayonnement de la civilisation romaine, en s'inspirant des grecs et des
étrusques. La fin du IIè siècle avait marqué l'apogée
de l'empire.
Les ouvrages français
En France subsistent de nombreux vestiges romains. A Nîmes : la porte
Auguste, la maison carrée, les arènes, le castellum divisorium qui permettait de
répartir l'eau provenant de l'aqueduc du pont du Gard dans la ville. Ailleurs le
théâtre d'Orange, les thermes d'Amélie les bains, de nombreux ponts romains
témoignages de l'intelligence architecturale de cette civilisation, l'aqueduc du
pont du Gard, la
voie Domitienne tracée en 118 avant J.C. sur 500 km et qui
reliait l'Espagne à l'Italie. Elle fait partie des nombreuses voies routières
construites par les romains. La conception de ces voies en pierre est très
efficace : outre leur forme bombée au centre pour faciliter l'écoulement des
eaux de pluie vers les fossés, on trouve des bornes militaires sur les bas-côtés
indiquant les distances. Au moyen âge entre le XIè et le XIVè siècle les
romains construisent énormément de ponts appelés "Pont du diable" et
reconnaissables à leur arche unique et leur profil très bombé en dos d'âne.
Dans le midi de la Gaule, Narbonne est la capitale administrative et politique,
Béziers est une ville très peuplée et très active économiquement : c'est déjà
une région viticole. Arles est un grand port de commerce et Nîmes est le fief
des médecins et des juristes. Nîmes est la vitrine de l'empire romain, c'est
pourquoi on y construit tous ces monuments. L'arrière pays trop montagneux est
délaissé par les romains.
L'époque Chrétienne
C'est pendant la domination romaine que le christianisme qui naquit en
Palestine et en Syrie, commence lui aussi son expansion. La religion gagne Rome
dès l'empereur Auguste. En effet le monde connaît des souffrances, les peuples sont opprimés, l'être humain se pose des questions existentielles.
Comme au troisième millénaire, la religion propose une alternative de paix, un
bon palliatif au désarroi humain, un espoir auquel de nombreux nouveaux croyants
vont tenter de se raccrocher. Malgré une excellente organisation, l'église va se heurter aux empereurs tout puissants qui combattent l'église. Il faut attendre l'empereur
Constantin en 313 pour que l'église et la pratique du culte soient
officiellement tolérées. Et Constantinople devient la capitale de l'empire en 330.
En 432 le Pape Sixte III fait construire la basilique Sainte-Marie-Majeure. Au
début du Vè siècle le Pape Innocent 1er établit la primauté de
l'évêque de Rome dans l'église. C'est à partir du VIè siècle que se construisent les basiliques, les églises
innombrables et les couvents. Rome était la capitale de l'empire telle que les
empereurs successifs l'avaient instaurée. En 590 le Pape Grégoire le Grand
conforte l'autorité civile et religieuse de l'église sur l'occident. A partir de maintenant commence le
déclin de la ville de Rome. Or l'église représentée localement par
l'évêque s'était adaptée à ces structures administratives, et c'est donc
l'évêque de Rome qui naturellement avait revendiqué le titre de "Pape", le plus haut
représentant hiérarchique du Christ. Cela fut fait à la fin du IIè siècle, et
pendant quelques années la cohabitation
Empire-papauté vécut sous la primauté de l'empereur. Puis à la fin du XIè
siècle le pape Grégoire VII combattit le mariage des prêtres, désordonna
l'église et déclencha la querelle d'investiture pape-empereur qui va durer
plusieurs siècles. Dans les villes les différentes familles s'allient soit en
faveur de la papauté comme le clan des guelfes, soit en défendant l'Empire comme le clan
des gibelins (voir la querelle guelfes/gibelins, partie Florence).
En 1054 l'église
orthodoxe naît du schisme entre les églises de Rome et de Constantinople. Entre
1309 et 1377 les
papes siègent uniquement en Avignon, puis suite au schisme occidental de 1378 il
y aura un Pape à Rome et un en Avignon jusqu'en 1420.
Lorsqu'ils reviennent à Rome, c'est le début de la Renaissance : les papes érudits, mécènes et riches,
contribuèrent énormément à l'embellissement de Rome et du Vatican notamment au XVIè siècle en faisant travailler Michel-Ange, Raphaël ... Le pape Sixte IV a
fait bâtir la chapelle sixtine, les églises Sainte-Marie de la Paix, Santa Maria
del Popolo. Jules II surnommé Pape de la Renaissance en 1503, fit construire la
basilique Saint-Pierre, et fit décorer les plafonds de la chapelle Sixtine par
Michel-Ange, qui peint notamment "le jugement dernier". Léon X investit Raphaël, Paul II
fit construire le palais Farnèse etc.
Au XIXè la ville
compte 165000 habitants et le Pape souverain refuse tout développement urbain;
cependant que les écrivains Stendhal, Chateaubriand et Goethe font le voyage jusqu'à
Rome et le relatent dans leurs livres.
Rome aujourd'hui
C'est en 1870 que se réalise l'unité italienne après des siècles de guerres, et que Rome
devient capitale du royaume italien. Puis en 1946 après la mort du Roi, l'Italie
est à nouveau proclamée République.
Aujourd'hui il subsiste plus de 300 églises à Rome toutes
décorées avec magnificence à l'intérieur. Les façades restent souvent discrètes
et se confondent dans les rues. La cité du Vatican forme un état indépendant
dont
le pape est le souverain. Il règne aussi sur les 4 basiliques majeures de Rome,
les catacombes, quelques séminaires et la villa de Castel Gandolfo depuis les
accords de Latran en 1929, qui ont proclamé la cité du Vatican "état libre" de
44 ha.
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