Histoire de Rome

 

La Rome antique (avant Jésus Christ)
Il est difficile de conter l'origine de Rome tant le mythique y prend une grande part. Virgile raconte que le héros troyen Enée voulait fonder une nouvelle Troie au bord du Tibre. Mais au VIIIè siècle avant J.C. naquirent les jumeaux Remus et Romulus issus de l'union du Dieu Mars avec une Vestale, fille du roi Numitor. La légende raconte qu'Amulius, frère du roi Numitor, fit jeter les deux jumeaux dans le Tibre. Le courant les ramena sur le rivage au pied du mont Palatin, où ils furent secourus et allaités ... par une louve puis un pic-vert ! Plus tard en 753, ils eurent l'idée de fonder une cité mais pour cela il fallait normalement l'accord des Dieux. D'après l'observation du vol des oiseaux depuis les collines du Palatin et de l'Aventin, Romulus s'attribua le privilège de fonder Rome. Comme le voulait la coutume étrusque il traça le sillon sacré à la charrue pour délimiter la cité, mais son frère Remus, jaloux, le défia et osa franchir les limites fictives de la future ville. Il fut alors assassiné par Romulus.

C'est ainsi que serait née Rome, au moment même où Athènes devenait influente grâce à son développement culturel.
En fait, dès le début du VIIIè siècle l'endroit commence à se peupler suite au regroupement de villages latins et sabins sur les 7 collines de Rome qui sont 12 aujourd'hui. C'est plutôt à partir de 616 que la ville prit forme sur l'emplacement actuel du Forum romain, pendant la période des 7 rois étrusques. Plus tard la population va augmenter toujours sous les Etrusques vers 500.

 

La République (509 à 31 avant Jésus Christ)

Après une période monarchique qui se termine par un rejet du roi par les Romains, une république est fondée en 509 : disons que le pouvoir se retrouve entre les mains d'une oligarchie patricienne et plébéienne qui se sert du Sénat pour faire passer ses lois. La république profite à quelques citoyens libres. Plus tard vers 390 les gaulois de Brennus envahissent le nord de l'Italie et démolissent Rome. Au début du IIIè siècle les Romains contrôlent l'Italie centrale jusqu'à l'Adriatique. Ils veulent s'attaquer à la Grèce, mais ils trouvent le grand soldat Pyrrhus et ses éléphants meurtriers sur leur chemin. Au début Pyrrhus va gagner de nombreuses batailles mais tout en perdant beaucoup d'hommes : ses victoires lui coûtent très cher. Il finira d'ailleurs par fuir l'Italie car les carthaginois se sont associés aux romains pour chasser Pyrrhus. Toute la deuxième moitié du siècle verra s'opposer Rome à Carthage pendant les deux interminables guerres puniques (264 à 241 puis 219 à 201) qui se terminent par la défaite d'Hannibal et de ses éléphants face au général romain Cornelius Scipion en 201, et enfin par la destruction de Carthage en 146 (troisième guerre punique 149-146). Vers 118 Rome conquiert le sud de la Gaule qui deviendra la Provence. La République de Rome étend son emprise jusqu'en Grèce, en Asie Mineure grâce au général Pompée vainqueur d'une quantité innombrable de batailles, et en Afrique du nord. Les sénateurs de la République, le peuple, tout le monde y trouve son compte économiquement et socialement. Face à cette expansion géographique et économique, l'armée prend une importance particulière. Mais la République contrôle mal la situation, elle se contente de mettre les peuples sous tutelle sans organiser d'administration.  Les régions annexées en profitent pour se rebeller, pour nouer d'autres alliances. Même à l'intérieur de la botte, le gladiateur Spartacus arrive à organiser une sédition en 72 avec des milliers d'esclaves. Elle est sévèrement réprimée au bout de plusieurs mois par le général Pompée et par Crassus qui tuent 11000 esclaves ainsi que Spartacus. Le riche et ignoble Crassus fait crucifier 6000 esclaves en exemple le long de la via Appia. Pompée continue sa charismatique ascension sociale en nettoyant la Méditerranée de ses pirates et en annexant une partie de l'Orient jusqu'à la mer Caspienne.
Il faut attendre le sénateur Jules César (101-44 av. J.C.) pour que le territoire romain s'étende sensiblement. C'est un fin stratège militaire et un tacticien politique doté d'une ambition sans limite. Il a compris que la République se délite. Il remplace le philosophe Cicéron au poste de Consul en 59 grâce à l'appui de Pompée le génial militaire et de Crassus le riche. Il part alors à la conquête de la Gaule, riche à cette époque de son agriculture et de son économie. Les gaulois étaient courageux, forts mais désorganisés. César soumet finalement la Gaule à Aléria 52 ans avant J.C. en faisant capituler Vercingétorix et les Arvernes au terme d'une guerre très difficile qu'il faillit perdre, sans l'erreur bête de Vercingétorix qui voulut livrer une bataille de trop. Pendant ce temps le Sénat perd le contrôle de la situation à Rome, l'anarchie s'installe et la République connaît son crépuscule. Profitant de la désorganisation, Pompée se fait nommer consul, puis en 50 les sénateurs rappellent César à Rome.  Auréolé de ses succès gaulois César décide de revenir asseoir son hégémonie sur Rome. "Alea jacta est" : il franchit le Rubicon le 11 janvier 49. Le valeureux Pompée va prendre la fuite vers la Macédoine. Un an après César vient l'attaquer, et Pompée est à nouveau obligé de fuir vers l'Égypte où il est tué. C'est à Alexandrie que César va connaître Cléopâtre, lui faire un enfant et l'installer sur le trône d'Égypte. En 45 il revient définitivement à Rome où une conspiration prend forme. Il se fera nommer dictateur à vie trois mois avant d'être assassiné par une conjuration le 15 mars 44.

 

L'Empire (31 avant J.C. à 476)

Son petit neveu Octave, remarquable tacticien politique, lui succède en se débarrassant peu à peu de ses adversaires, Brutus etc. Antoine et Cléopâtre se suicidant à Alexandrie en 31, Octave restait seul maître à bord après la bataille navale d'Actium. En 29 avant J.C. il revient à Rome et deux ans après le Sénat lui décerne le titre d' Auguste, ainsi il devient rapidement le premier empereur romain. Sous son long règne de 41 ans l'Empire romain s'étend à l'ensemble du bassin méditerranéen, jusqu'en Espagne, au Danube, en Numidie, en Syrie, l'Égypte constituant la résidence impériale. Octave Auguste avait organisé la gestion de cet Empire, mais il s'inquiétait pour sa succession. Il n'avait pas de descendant direct et craignait que l'anarchie revienne après sa mort. Il avait fait épouser sa fille Julie à son fidèle Agrippa mais celui-ci mourut ainsi que ses deux fils. Sans état d'âme il remaria Julie à Tibère. La plupart des empereurs ont adopté leur successeur pour assurer la lignée.
En 14 après J.-C. le Sénat désigna naturellement Tibère (Julio-Claudien) comme successeur du défunt Octave-Auguste. C'était un militaire, organisé, suspicieux. Il voulait être exemplaire, il était austère voire ascète. Il ne voulait pas des pleins pouvoirs, il voulait restaurer le travail du Sénat et confier des responsabilités aux sénateurs. Ceux-ci ne voulaient point de réforme, ils se méfiaient de Tibère et pensaient s'en débarrasser au bout de 4 ans. Germanicus et sa femme Agrippine (la fille d'Agrippa) n'arrivèrent pas à l'éliminer, et même si Tibère passa la fin de son règne à Rhodes puis à Capri où il se retira, il gouverna pendant 23 ans jusqu'en 37. Comme Octave-Auguste il se souciait de qui allait lui succéder : il ne restait guère que l'inquiétant Caius, fils de Germanicus, allias Caligula. Grâce à Tibère et Octave-Auguste, ce qu'on appelle l'Empire fonctionnait en réalité comme une monarchie républicaine qui s'appuyait sur des institutions. Ce système extrêmement fragile va durer cahin-caha jusqu'en 476 !
A la mort naturelle de Tibère en 37, Caligula lui succède à 25 ans. C'est un être mal élevé mais intelligent, il est adoré au début. Il restaure le pouvoir des grandes magistratures, amnistie, gâte le peuple.  Rapidement vont apparaître ses aspects cruel et meurtrier, mais uniquement envers la haute société car il n'aimait que le peuple. Il commence à faire disparaître des gens. Il devient mégalomane, instaurant des prosternations, voulant qu'on l'assimile à un Dieu, se déguisant avec des peaux de lion comme Hercule, et du lierre comme Bacchus. Il s'accoutre en Apollon, en Vénus. Il reste généreux avec le peuple, lui faisant jeter des pièces d'or du haut de la basilique Julia. Puis viennent les cruautés envers les sénateurs et les notables. Évidemment le Sénat ne songea plus qu'à s'en débarrasser, car il fit torturer bien du monde. En 40 ses turpitudes dépensières retournèrent le peuple contre lui. C'est le 24 janvier 41 qu'il est assassiné par Chaerea et une conjuration de notables.
Le lendemain son oncle Claude, le frère cadet de Germanicus,  est désigné empereur par le Sénat : c'est un personnage sans manières, falot, ivrogne, coureur et bègue, mais érudit comme souvent le furent ses prédécesseurs. Il se faisait passer pour un idiot. Contre toute attente, il organise l'administration en délestant les sénateurs de certaines responsabilités qu'il confie à des grecs affranchis, et renforce ainsi son pouvoir personnel. Il a un souci de la justice surtout avec les esclaves, les affranchis, les provinciaux, avec lesquels il est généreux. Mais il réprime durement les complots et se met à dos à la fois le Sénat et les chevaliers. Il exile Sénèque en Corse pendant huit ans. Agrippine la jeune, fille de Germanicus et d'Agrippine, donc nièce de Claude, et sa deuxième femme, fera revenir Sénèque notamment pour élever Néron et pour influencer le Sénat. La fin du règne de Claude est marqué par sa décrépitude physique. En octobre 54 il meurt d'intoxication alimentaire, vraisemblablement empoisonné par Agrippine la jeune qui veut imposer son fils Néron en successeur.
Fort logiquement, Néron élevé par le philosophe Sénèque, devient empereur à 17 ans.  Il est jeune, aime la fête, les déguisements, la plèbe l'adore et il le lui rend bien. Les premières années il travaille en collaboration avec le Sénat, voit les philosophes, est cultivé, curieux de tout, au grand dam de sa mère qui n'arrive pas à le manipuler et se rapproche de son frère Britannicus. Mais le pouvoir ne se partage pas. Agrippine la jeune devient tellement gênante que Néron la fait assassiner en 59. A partir de cet évènement il s'affranchit progressivement de l'influence de Sénèque et commence à se comporter en Roi-Soleil : il est illuminé par le mythe solaire. Il s'engage dans des courses de chars, fait du théâtre, il multiplie les spectacles, les jeux, car pour lui c'est écrit dans les astres. Cela plaît au peuple, mais les notables apprécient moins la dérive monarchique du pouvoir : aujourd'hui on le qualifierait de mégalomane, d'ailleurs au Sénat il passe pour un fou. Le 18 juillet 64 Rome prend feu. L'empereur Néron rentre de toute urgence à Rome et met tout en oeuvre pour secourir les habitants et éteindre l'incendie. Mais cela dure une semaine et Néron est accusé d'avoir provoqué l'incendie, ce qui est fort peu probable tant il y a perdu de biens personnels et n'y avait aucun intérêt. Néron fait d'ailleurs tout reconstruire. Mais l'argent commence à manquer ainsi que les sages conseils de Sénèque et l'armée connaît des revers. Pour réprimer une révolte en Gaule, il contraint au suicide de grands chefs militaires. Une première tentative d'assassinat échouant, il déclenche une féroce répression dont Sénèque fait les frais. Mais en juin 68 les sénateurs le font assassiner pour mettre Galba à sa place : c'est la fin des Julio-Claudiens.
En 18 mois on voit défiler trois empereurs : Galba de juin 68 à janvier 69, Otho de janvier à avril 69, enfin Vitellius jusqu'en décembre 69.
Vespasien, rustre mais rusé et pragmatique, prend alors le pouvoir en douceur. Il va gérer les finances de façon intelligente et drastique. Début 72 il fait éloigner les stoïciens et les cyniques qui se moquent de lui.  Il fera reconstruire le Capitole et commencera le Colisée. Il meurt de maladie le 23 juin 79 : ses deux fils Titus (à 40 ans) puis Domitien vont lui succéder.
Titus l'aîné fut surnommé "l'amour et les délices du genre humain" mais avec beaucoup de flagornerie étant donné tous les juifs qu'il avait fait tuer 8 ans auparavant. Il était lui aussi fasciné par les dieux égyptiens. Il poursuivit les travaux de son père : routes, aqueducs, inauguration du Colisée en 80 ... Il ne prononça pas de condamnations ni  ne spolia. Il a subi la destruction de Pompéi, Herculanum et sa bibliothèque ainsi que Stabies le 24 août 79 par l'éruption du Vésuve, et peu de temps après, un autre incendie à Rome, et pour terminer la peste. Titus meurt le 13 septembre 81 et son frère Domitien le remplace, avec impatience.
Domitien était dans la lignée de caractère de son frère aîné et de son père, en beaucoup moins aimable, mais la postérité le présente comme un monstre sanguinaire, au même titre que Néron ou Caligula : il fut traité de Néron chauve par Juvénal. Il donne du pouvoir aux chevaliers ce que le Sénat voit d'un mauvais oeil; il réglemente l'agriculture en Gaule, de plus il fait beaucoup pour la culture (bibliothèques, littérature, musique),  il organise des concours d'éloquence, de musique, de poésie. Il va même faire supprimer la castration des garçons. Mais soudain il se met à gouverner en despote et à persécuter les Sénateurs : il fait régner la terreur sur les opposants. En 93 il expulse tous les philosophes d'Italie. Comme pour d'autres empereurs, un complot fomenté par quelques sénateurs le liquide le 18 septembre 96. La dynastie des Flaviens s'achève et Rome à ce moment est très puissante.
La dynastie des Antonins commence avec le vieux et paisible Nerva, nommé empereur à 70 ans.  Il s'occupe des plus démunis et évite les crises. Mais étant malade, il décède rapidement le 25 janvier 98.
A 44 ans le soldat Trajan lui succède. Son but étant de renflouer les caisses, le seul moyen est d'agrandir l'Empire. Il conquiert la Dacie (l'actuelle Roumanie) et rapporte 165 tonnes d'or et 330 d'argent à Rome, de quoi solder toutes les dettes. Il fait beaucoup construire, des forums, des marchés ... Seulement il voit trop grand et s'attaque à la Mésopotamie et la Babylonie en 113. Les juifs se révoltent en 117; Trajan meurt en août 117 en Cilicie laissant une situation désastreuse en Orient. Malgré tout il reste comme "le meilleur des empereurs" et surtout celui sous lequel l'Empire fut le plus étendu : 3 300 000 km², 60 à 70 millions d'habitants dont 1 million à Rome.
Hadrien, l'Ibère, prend le pouvoir, réprime durement l'insurrection juive et fait raser Jérusalem. C'est un helléniste convaincu, cultivé, poète. On le surnomme le "petit Grec". Il va d'ailleurs embellir Athènes de monuments. C'est un voyageur invétéré qui passe son temps à visiter et à inspecter ses contrées, il a la réputation de n'être jamais à Rome. Il est autoritaire, ce qui ne plaît pas aux sénateurs. Il renforce le rôle de l'état pour mieux structurer la gestion de l'Empire.  Il fait construire à Tivoli la splendide villa Hadriana et à Rome le Panthéon et le château Saint-Ange. Hadrien meurt de maladie le 18 juillet 138.
Avec Antonin, dit "le Pieux" en référence  à sa piété envers Hadrien, les sénateurs retrouvent la tranquillité qui leur sied. C'est un riche philanthrope amoureux de la Grèce, conservateur qui va gérer prudemment les finances de l'Empire, et accorder une large place à la justice. Il veille aux droits des pauvres, des esclaves et des prisonniers, il va aussi limiter la torture. Il croyait vraiment à la Pax Romana. Il meurt en 161.
Son adjoint lui succède : Marc Aurèle est un philosophe aussi honnête que lui. Il partage le titre d'empereur avec son frère adoptif Lucius Verus jusqu'à sa mort en 169. Comme Antonin, il fait voter des lois en faveur des plus démunis : les esclaves, les enfants, les orphelins. Marc Aurèle est obligé de faire la guerre aux barbares pour récupérer l'Arménie en 163, pour contenir des foyers de sédition un peu partout en Europe centrale. En 167 la peste ravage des milliers de romains. Après huit ans de guerre et d'absence Marc Aurèle rentre à Rome en 176 pour célébrer son triomphe et s'adjoint son fils Commode afin d'assurer sa succession. Il le nomme Auguste donc co-empereur. En 177 il persécute les juifs à Lyon. Après 19 ans de règne dont 17 de guerre, Marc Aurèle meurt à Vienne le 17 mars 180 de la peste, meurtrière en cette période, et laisse sa femme Faustine seule.
Son fils Commode n'a que 19 ans en 180 quand il devient empereur. Il est entouré de conspirateurs et il fait le ménage. On le compare vite à Néron et Domitien pour la terreur qu'il instaure. De plus il s'identifie beaucoup trop à Hercule et les sénateurs n'apprécient pas du tout ses farces déguisé en Hercule ou ses combats de gladiateurs et de fauves dans l'arène : ça rappelait trop Néron. Il faisait régner la terreur, les vexations sur les sénateurs comme Caligula. Tout cela ne pouvait se terminer qu'en conspiration, et le 31 décembre 192 Commode est assassiné. Il laisse les finances exsangues et le Sénat déshonoré. La dynastie des Antonins s'éteint. Deux empereurs vont défiler en six mois.
En juin 193 s'ouvre la dynastie des Sévères avec Septime Sévère qui va mettre quatre années à éliminer ses deux concurrents. Cet empereur s'appuie beaucoup sur l'armée au profit du Sénat qu'il néglige. Jusqu'en 202 il était en guerre en Orient. Dès 196 son fils aîné Caracalla est proclamé César puis en 198 il le fait Auguste afin de verrouiller sa succession et nomme César son deuxième fils Geta qui deviendra Auguste en 209. Malade, Septime Sévère meurt le 4 février 211 en Angleterre où il était parti guerroyer.
A 23 ans Caracalla hérite du pouvoir de son père : rapidement il élimine son rival potentiel de frère, Geta, en l'égorgeant alors qu'il est dans les bras de sa mère. Cela rappelle le précédent avec Romulus mais Caracalla était plutôt une brute. Toutefois en 212 il étend la citoyenneté romaine au monde romain entier ce qui établit l'égalité des droits. A Rome il fait construire les thermes admirables qui portent son nom. Il fait de l'armée une caste et double les salaires des soldats. Cette démagogie asséchant les finances de Rome, il augmente les impôts, dévalue la monnaie, malgré cela il a toujours à dos la haute société. C'est en voulant agrandir l'Empire comme souvent, qu'il meurt assassiné du côté du Tigre, le 8 avril 217.
Après un an d'instabilité politique pendant lequel se succèdent deux empereurs, Héliogabale, un descendant de Bédouins, lubrique, qui s'entoure de travestis, d'eunuques. On le fait passer pour le fils adultérin de Caracalla, il est intronisé empereur auprès de l'armée en mai 218. Celui-ci met plus d'un an avant de revenir d'Orient, ramenant la pierre sacrée de Syrie; lui aussi a le culte du dieu solaire et dépasse Néron en extravagances de toutes sortes. Héliogabale est tué le 13 mars 222 dans une caserne qu'il visitait. Sa grand-mère lui avait imposé son jeune cousin Alexianos comme César.
Alexandre Sévère sera le dernier de la dynastie. C'est sa mère qui gouvernait en arrière-plan, et le Sénat préférait amplement cela à ce fou d'Héliogabale. Mais en 227 il fallut se rendre en Orient où la guerre menaçait avec les Perses, or Alexandre Sévère ne connaissait rien à l'armée, il connut quelques déconfitures. Puis en 235 la Germanie menaçait la frontière nord mais Alexandre Sévère n'était pas à la hauteur de la situation. Le 18 mars un putsch le renversa et Maximim devint empereur.
La dynastie des Sévères s'achève et l'anarchie reprend forme pour une cinquantaine d'années : les militaires deviennent faiseurs d'empereurs et ceux-ci défilent tous les 2 ans en moyenne, assassinés ou tués au combat en général, les Barbares et les Perses menacent les frontières, la crise économique et financière s'installe, les épidémies se développent. Cette situation va durer jusqu'à l'arrivée de Dioclétien. Les chrétiens aussi prennent de l'importance, c'est une secte qui se démarque des juifs qu'on a un peu persécutés dans le passé (notamment Marc Aurèle à Lyon) et qu'on commence à regarder de plus près.
Maximim le Thrace en 235 est couronné par les soldats presque de force; il ne daigne pas se déplacer à Rome et continue la guerre contre les Germains avec succès puis contre les Daces. Il nomme César son fils Maximus pour assurer la lignée. Mais ses guerres coûtent cher et il pressurise le peuple, se met à dos le Sénat, persécute les chrétiens. Au printemps 238 pendant un mois les sénateurs réussissent à imposer les Gordiens père et fils comme empereurs mais Maximim envoie la troupe les défaire. Aussitôt le Sénat nomme deux autres empereurs que Maximim vient combattre : mais ce coup-ci il meurt avec son fils dans l'empoignade l'été 238. Les deux autres empereurs connaissent le même sort peu  après, et c'est un cinquième empereur, Gordien III, qui prend le pouvoir en cette année 238.
Gordien III adolescent ne gouverne pas seul. En 241 il est influencé par le gouverneur Timésithée dont il devient le gendre. L'Empire oriental commence à se craqueler vers la Mésopotamie et la Syrie. Tous les deux partent rétablir l'ordre sur les bords du Danube, mais ils subissent des revers importants en Mésopotamie où Timésithée est tué le premier, suivi en 244 de Gordien III sur place. Coup dur pour le prestige des aigles romaines.
Philippe l'Arabe fut proclamé empereur par le Sénat en 244, il conclut immédiatement une paix un peu bancale mais connaît l'anarchie et les usurpateurs de partout. Comme toujours il faut partir guerroyer vers le Danube où il remporte des succès défensifs. En 248 il fait célébrer fastueusement le millénaire de Rome, pendant la période où l'Empire décline militairement et politiquement. Puis il confie à Decius le soin de contrôler le Danube, il s'en sort si bien que ses soldats le proclament empereur. Philippe l'Arabe est obligé de le combattre et perd à Vérone. Fin 249 il est tué et Decius prend la suite jusqu'en 251. La valse des empereurs recommence pendant deux ans où on peut compter jusqu'à quatre Augustes en même temps.
Et en 253 Valérien récupérait la charge de l'Empire, son fils Gallien le secondait comme Auguste. L'Empire était attaqué de partout : par les Goths en Asie Mineure et jusque dans les Balkans, par les Germains et les Saxons au nord, par les Berbères en Afrique du nord, et les Perses attaquaient la Mésopotamie. Pendant ce temps on persécute les chrétiens en 257 et 258. Les deux empereurs se partagent les territoires à défendre. L'empereur Valérien se fait capturer en Mésopotamie en 259 : suprême humiliation pour les aigles romaines. On ne le reverra plus et Gallien le philhellène se retrouve seul empereur à partir de 260. Il arrête la persécution des chrétiens qui ne lui apporte rien. Après plusieurs guerres défensives pour maintenir l'Empire il est tué par une conspiration militaire en 268.
Avec Claude II le gothique commence la dynastie des illyriens, ces gens originaires de l'Europe centrale, qui ont beaucoup fait pour l'Empire. Il se consacre d'abord au combat contre les alamans qu'il écrase vers Bergame, puis repousse les goths dans les Balkans et notamment à Naïssos en Grèce en 269 aidé d'Aurélien : cela lui vaut le surnom de "gothique". Il commence à stabiliser l'occident quand la peste l'emporte en 270. Son frère gouverna 19 jours puis les militaires proclament l'Illyrien Aurélien.
L'empereur Aurélien va récupérer le nord de l'Italie, repousse les Goths et les Vandales après le Danube. Puis il s'attaque à l'Orient qui s'effrite aussi. En 272 il fait prisonnier Zénobie la reine de Palmyre qu'il ramène à Rome, et récupère ses territoires. En 273 Aurélien a restauré l'Empire, la Gaule, l'Asie, la Bretagne étaient réintégrés. En 274 il fait construire une enceinte de 19 km autour de Rome pour la protéger des envahisseurs, le "mur d'Aurélien". Mais il n'a pas terminé avec l'Orient, il reste à récupérer une partie de la Perse. Il y retourne en 275 et se fait tuer dans une conspiration crapuleuse en décembre.
L'armée désorientée par cet assassinat imprévu s'en remet au Sénat qui nomme Tacite à 75 ans. Il est tué en 276 et après un court intermède avec Florien, c'est l'Illyrien Probus qui devient empereur en 276 et pour 6 ans. Il s'attaque aux nouvelles hémorragies sur le front du Danube, du Rhin, en Gaule, en Asie, avant d'être assassiné comme d'habitude. En 282 Carus est empereur et il décide de nommer ses deux fils empereurs en 283, se rendant compte que plusieurs Augustes ne seraient pas de trop pour gouverner cet immense Empire.
Après la mort de deux des trois empereurs, le Dalmate Dioclétien accède à la fonction en novembre 284 proclamé par ses soldats. Depuis longtemps les empereurs se succèdent à un rythme effréné pour défendre l'Empire attaqué de toutes parts par les barbares. Dioclétien va stabiliser le pouvoir en inventant progressivement la tétrarchie, guidé par son pragmatisme. Ce que faisaient ses prédécesseurs en s'adjoignant d'autres empereurs comme leurs fils, Dioclétien va l'institutionnaliser. A compter de 286, l'empereur Dioclétien fit appliquer la tétrarchie. Il voulait que l'autorité de Rome soit représentée en divers points de l'Empire, et que celle-ci ne soit plus contestable. Il nomma un adjoint à qui il donna le titre de César puis d'Auguste. Enfin il adjoignit un César à chacun des deux Augustes. Cela explique les complications de l'organigramme. Chacun des deux empereurs et des deux adjoints résidait en quatre villes différentes de l'Empire : Milan et Trèves pour la partie occidentale; Sirmium sur le Danube et Nicomédie en Turquie pour la partie orientale. Cela permettait d'en contrôler tous les secteurs difficiles. Ainsi c'est Dioclétien qui nomma Maximien à Milan secondé par Constance Chlore à Trèves, pour contrôler l'Occident. Galère à Sirmium était son adjoint, ensemble ils géraient l'Orient. De fait Rome n'était plus résidence impériale mais capitale symbole et Dioclétien n'y mettra pas les pieds car il gouvernait depuis Nicomédie. Tous les vingt ans les deux empereurs devaient laisser la place aux 2 Césars qui devenaient Augustes et empereurs, ainsi de suite. Ce système permit de centraliser le pouvoir et de hiérarchiser les décisions. Les deux Augustes étaient censés être délégués de Jupiter et les 2 Césars étaient simplement sous la férule d'Hercule, donc infatigables et fils de Jupiter : tout un symbole. Dioclétien établissait une monarchie de droit divin mais les circonstances s'y prêtaient. Cependant toute l'organisation administrative est réformée, on crée des régions, les diocèses, le vicaire. On augmente les effectifs de l'armée, on fait rentrer plus d'impôts et on essaye de juguler l'inflation en contrôlant les prix. La sécurité est mieux assurée. Maximien assainit l'Empire sur le nord, vers la manche, et sécurise l'Afrique et le détroit de Gibraltar. Vers le Danube c'est Dioclétien et Galère qui bataillent pour assagir la région. En 297 Dioclétien vient aider Galère à récupérer la Mésopotamie. Constance Chlore pacifie la Bretagne et le nord de la Gaule. Il aura fallu 14 ans pour rétablir l'ordre militaire mais la Tétrarchie permet donc de mieux gérer l'Empire. D'abord favorable au christianisme, il le fait interdire en 303 puis fait brûler les églises et molester les fonctionnaires chrétiens : on doit abandonner cette religion et revenir au paganisme ou mourir. Onze années de persécutions firent 5000 victimes jusqu'à ce que Galère y mette fin pendant son règne.
Comme annoncé vingt ans auparavant, Dioclétien et Maximien démissionnent en 305. Dioclétien sera le dernier empereur à démissionner, il termine sa vie où il l'avait commencée à Salone (Split) sur les bords de l'Adriatique. Galère et Constance Chlore deviennent Auguste, Dioclétien choisit Sévère II et Maximim II Daïa comme Césars à la surprise générale (on attendait Constantin et Maxence).
En 306 l'Illyrien Constantin se fait proclamer Auguste par son armée et rappelle Maximien pour le seconder, tout cela étant parfaitement illégal selon la tétrarchie. L'anarchie que Dioclétien avait voulu éradiquer était revenue, comme au bon vieux temps et jusqu'en 324. Galère va rappeler en vain Dioclétien pour revenir asseoir son autorité, mais ce dernier préfère rester jardiner à Salone. Il y avait tellement d'empereurs et d'usurpateurs qu'il a fallu la guerre pour les départager comme autrefois. A 22 ans Constantin entre triomphalement à Rome le 28 octobre 312 et il réussit à éliminer quatre concurrents jusqu'en 313 puis il fait tuer Licinius en 324 : enfin seul aux manettes. Il s'occupe de protéger les frontières où les barbares sont depuis longtemps intégrés parmi les romains, jusque dans l'armée où ils font merveille. En 330 il renomme Byzance en Constantinople qui devient capitale de l'Empire. Constantin a favorisé l'expansion du christianisme et les chrétiens le lui rendent bien en soutenant sa politique. Il a fait construire les basiliques Saint-Pierre, Saint-Jean-Hors-les-Murs et Saint-Jean-de-Latran à Rome. En 313 il promulguait l’édit de Milan qui garantissait aux chrétiens une tolérance et équivalait à une reconnaissance du christianisme comme religion d’État. Il s'adjoint ses quatre fils, en tue un, puis à la fin de son règne il fait participer ses deux neveux. Il leur partage l'Empire puis meurt de maladie le 22 mai 337 alors que la guerre venait d'éclater une fois de plus en Arménie. Il repose à Constantinople.
Jusqu'au 9 septembre il ne se passe rien, et ce jour-là les trois fils se réunissent et se proclament Augustes, ce que le Sénat valide. Il y avait deux empereurs de trop et en 340 Constantin II se fait tuer. Il restait l'empereur d'occident, Constant résidant à Milan, et l'empereur d'Orient, Constance II basé à Constantinople. Constant défendait encore mieux les Chrétiens que son père, il essayait d'interdire toute autre forme de culte et il était mal aimé. Un complot le liquida en janvier 350. Constance II gouvernait comme un grand patron froid. Il envoie Julien le cousin (puis beau frère) à Marcellus loin de tout pendant 6 ans. Julien devient lettré, philosophe; il l'envoie ensuite à Constantinople puis Nicomédie. En 351 à 20 ans, après tant d'années de lectures et de prières, il semble que Julien se soit converti au paganisme, ne pouvant plus souffrir le christianisme, la religion qui avait massacré sa famille, la religion de la guerre, des tueries entre chrétiens, des manigances. Il se met à voyager et s'entoure de philosophes. En 351 Constance II s'adjoint un cousin éloigné, Gallus (frère de Julien) qu'il fait César et qu'il décapite en 354 pour excès de tyrannie. Julien est rappelé à Milan en 354, il apprend l'assassinat de son frère Gallus et le prend comme un avertissement. Fin 355 Constance II appelle Julien, surnommé l'Apostat,  pour le seconder comme César, car l'empereur ne pouvait être sur tous les fronts à la fois. Julien était envoyé en Gaule pour l'éloigner du pouvoir et officiellement remettre de l'ordre. En Gaule les généraux contrôlaient tout et étaient dévoués à Constance II. Julien adorait Lutèce ainsi que la Seine dont il trouvait l'eau très claire et très bonne ! Julien prit sa mission au sérieux : avec seulement 13000 hommes mais beaucoup d'efficacité et de savoir-faire il gagne en 357 contre les Alamans à Strasbourg et il dégage le Rhin. Il est partout et gagne à chaque fois. Contre toute attente il ramena l'ordre en Gaule. Constance II et Julien le presque usurpateur se regardaient en chien de faïence, cette irrésistible ascension inquiétait Constance II d'autant que sa soeur Hélène était mariée à Julien. L'impératrice Eusébie faisait tout pour qu'Hélène n'aie pas de descendance, et quand l'enfant vint il fut estropié par la sage-femme envoyée par l'impératrice. Constance II trouva un prétexte pour affaiblir Julien : les Perses sur le front oriental devenant dangereux, Constance II prélèva les meilleures unités de Gaule pour renforcer les défenses orientales et ainsi dégarnir l'armée de Julien. Seulement les soldats Celtes, Gaulois, Barbares ne voulurent pas s'éloigner de la Gaule où ils s'étaient établis. Après une mutinerie ils proclamèrent Julien Auguste. Celui-ci fut contraint d'accepter en février 360. Les rapports entre les deux empereurs s'envenimaient et au printemps 361 Julien s'ébranla avec 25000 hommes pour l'Orient, tandis que Constance II allait à sa rencontre depuis Constantinople. Encore une fois les romains allaient s'entretuer. Mais l'affrontement fut évité par la mort prématurée de Constance II le 3 novembre 361 : il venait de reconnaître Julien comme son successeur.
Julien entre à Constantinople en vainqueur le 11 décembre 361. Son amour pour la philosophie le fait comparer à Marc Aurèle qui deux siècles plus tôt encensait les philosophes. Durant son court règne il va rétablir le culte païen en annulant les lois de Constantin, et veut rendre leurs biens aux païens Mais les Chrétiens ne voulaient pas rendre les trésors païens qu'ils avaient accumulés. Il y eut quelques règlements de compte mais les Chrétiens ne furent pas persécutés. Puis en 362 sa tolérance devient de l'intégrisme, il demande aux enseignants Chrétiens de choisir entre l'enseignement et leur foi, à ce qu'on lise uniquement certains philosophes. En Orient il était considéré comme un défenseur des romains et à Rome où il ne mit jamais les pieds, comme un helléniste (un graeculus). Il supprime des postes de bureaucrates, d'espions, décentralise envers les élites locales et gouverne de façon libérale comme les Antonins. Après les succès militaires d'antan il voulut redorer le blason romain et régler le problème Perse : en mai 363 ce sont 65000 hommes et une flotte impressionnante qui part reconquérir les confins de l'Orient. Julien part pour Antioche en trimballant sa bibliothèque et des philosophes. Mais les Perses, malins, ont laissé s'enliser Julien jusqu'au nord de la Mésopotamie, où il fait très chaud. Il se voit obliger de brûler sa flotte logistique pour ne pas la laisser à l'ennemi, ce qui démoralise les troupes. Le 26 juin 363 il est tué dans une bataille vers Ctésiphon où on soupçonne que le tueur était plutôt romain-chrétien. Il n'a pas désigné de successeur et il n'a pas eu le temps de revêtir à nouveau le "pallium" (le manteau court des philosophes ) comme il l'avait rêvé. La dynastie des seconds Flaviens s'achève.
En Perse venait de se dérouler un nouveau fiasco qui coûta très cher aux romains. A 30 ans Jovien est acclamé par l'armée pour un court intermède : il nomme le vieux philosophe Saloustios pour négocier la paix. Toutes les conquêtes de Dioclétien 80 ans plus tôt sont rendues aux Perses, la moitié de l'Arménie et une énorme bourse. L'empereur commande le repli vers Antioche en octobre 363, il inhume les restes de Julien à Tarse en passant puis rentre à Constantinople où il est trouvé ivre mort le 25 février 364.
Valentinien est choisi par l'armée, il s'adjoint son frère Valens pour s'occuper de l'Orient : l'Empire est officiellement partagé en deux (exit la tétrarchie). La dynastie des Valentiniens commence pour un siècle. Valentinien était un personnage brutal, sanguin, mais il a su redorer le prestige romain, consolider les frontières occidentales, repousser les offensives bretonnes ou germaniques, restaurer l'autorité romaine en Afrique. Il savait partager les postes de hauts fonctionnaires entre les chrétiens et les païens. Il mourut subitement en novembre 375 au bord du Danube alors qu'il négociait avec des Barbares. La descente aux enfers ne faisait que commencer. Valens sut contenir l'usurpation de Procope mais il était moins doué pour contenir les frontières et les Goths arrivaient à pénétrer dans les territoires impériaux grecs par le Danube. En Turquie les affaires allaient mal, Valens allait combattre quand il subit un sérieux revers qui lui coûta la vie en août 378.
Entre temps en 375, Gratien, le fils de Valentinien était devenu empereur pour l'Occident à Trêves. Il sut rallier le Sénat que son père s'était mis à dos mais fut influencé par Damase l'évêque de Rome. Pendant ce temps l'armée proclama Valentinien II empereur alors qu'il n'avait que 4 ans; on touchait le fond en matière d'ineptie. En 379 Gratien désigne le caractériel espagnol Théodose comme empereur d'Orient.  Celui-ci prit rapidement l'ascendant et dirigea l'Empire. Mais tous les deux tombent sous la coupe de Damase le chrétien. Jusqu'en 382 ils ont du mal à combattre les envahisseurs Goths et sont obligés de céder du terrain autour du Danube en concluant une paix avec les germains. Un an plus tard en 383, Gratien se fait tuer à Lyon et le trop jeune Valentinien II devient officiellement empereur, régenté par sa mère Justina. Pendant ce temps un usurpateur du nom de Maxime envahissait l'Italie et contraignait Valentinien II à se réfugier en Grèce. En 388 Théodose débusqua ce Maxime et le fit tuer. Théodose se réfugia à Constantinople abandonnant l'occident qui ne comptait plus guère à Valentinien II qui mourut en 392. Le 17 janvier 395 Théodose mourait à Milan.
La séparation en 2 empires, le déclin de l'Empire occidental au Vè siècle :
Ses fils Honorius 11 ans, et Arcadius 18 ans sont régentés par le général Stilichon, ils se partagent l'Empire et cette séparation devient définitive. Au Vè siècle le déclin commence et les 2 Empires vont se déliter peu à peu. Les Maures d'Afrique deviennent indépendants. En 398 Alaric le Wisigoth chrétien reprend la Grèce à l'Empire et ravage la Thrace. Entre 401 et 406 le nord de l'Italie est attaqué par Alaric plusieurs fois, Honorius quitte Milan pour Ravenne. Seul Stilichon résiste à Alaric mais en 406 la Gaule est envahie par les Barbares du Rhin. En 408 Stilichon est tué par un conspiration, Arcadius l'empereur d'Orient meurt et est remplacé par Théodose II qui va regarder se dégrader la partie occidentale de l'Empire. Puis Alaric marche sur Rome en novembre 408 et commence à négocier son retrait : il demande avec succès la libération d'esclaves germains et tout l'or et l'argent romain, ce qu'on finit par accepter car la famine et les épidémies gagnent. Après avoir réclamé le nord de l'Italie, la Dalmatie et n'obtenant pas de réponse, il revient sur Rome en août 410  mais cette fois l'envahit et la pille pendant 3 jours. La prise de Rome fait l'effet d'une bombe dans le  monde car depuis le saccage des Gaulois de Brennus en 390 avant J.C. personne n'avait touché à Rome qu'on croyait éternelle. Alaric meurt en 411. Son successeur Athaulf va se concentrer sur la Gaule Narbonnaise et en Espagne, il meurt en 415. En 423 Honorius meurt et c'est le petit fils de Théodose, Valentinien III qui est nommé en 425 empereur d'Occident. Pendant ce temps le premier Pape Innocent 1er établit la primauté de l'évêque de Rome dans l'église.
Dès 430 Théodose II en Orient accepte de payer une rente aux Huns pour avoir la paix. La situation se dégrade quand la jeune soeur de Valentinien III veut épouser Attila le chef des Huns. La cour romaine refusant l'alliance sous le prétexte qu'Attila ne serait pas présentable alors que c'est quelqu'un de cultivé, Attila commence à envahir la Gaule et le nord de l'Italie jusqu'à Milan. Valentinien III s'étant enfui, c'est le pape Léon 1er qui négocie son retrait : l'église est bien devenue souveraine depuis Théodose. En 450 Théodose II est assassiné par ses eunuques, puis en 455 Valentinien III est assassiné sur le champ de Mars. Léon 1er tente une nouvelle négociation avec Genséric pour sauvegarder Rome, mais les Vandales de Genséric envahissent Rome et pillent la ville pendant 2 semaines. Genséric va annexer l'Afrique du nord dans la foulée, et emmène l'impératrice et ses filles : gros camouflet pour Rome. L'anarchie est à son paroxysme, la situation n'est guère reluisante. En 456 Majorien devenant empereur va conserver l'Italie intacte et même s'incruster en Gaule et en Espagne. En 459 la flotte romaine partie récupérer l'Afrique, est envoyée par le fond au large de Carthagène par Genséric. Majorien est assassiné en 461. Mais après lui les empereurs se succèdent à une cadence infernale. En 467 l'armée occidentale et orientale préparent la reconquête de l'Afrique mais c'est un nouveau désastre. En 472 sous Olybrius, Rome est à nouveau pillée pour la troisième fois depuis 410. Puis c'est à nouveau la valse des empereurs pour finir par un enfant de 12 ans Romulus Augustulus qui allait régner 10 mois. L'Empire occidental se meurt en 476 dans un chaos indescriptible avec le barbare Odoacre qui se proclame roi des nations.
Le déclin de l'Empire oriental à partir du Vè siècle :
Dans la première moitié du siècle, pendant la décadence occidentale, le monde oriental vivait bien, beaucoup moins attaqué, avec un pouvoir un  peu plus stable. Mais Marcien laisse les Ostrogoths s'installer en Pannonie. Ensuite les empereurs orientaux auront beau se succéder, y compris le pape Léon de 457 à 474, et jusqu'à Justinien en 565, l'Empire oriental se transformera en souvenir. Sous Léon l'Égypte et la Syrie deviennent des provinces dissidentes. Avec Anastase des économies et les impôts remettent les finances à flot. Après 518 le vieux Justin ne parvient pas à rétablir l'Empire avec cette cagnotte. En 527 Justinien qui avait 38 ans de règne devant lui, ne voyait pas que les barbares étaient incrustés solidement partout et croyait reconstituer l'Empire. Ce fut extraordinaire mais il parvint provisoirement à reprendre l'Afrique aux Vandales, l'Italie aux Ostrogoths, une partie de l'Espagne aux Wisigoths. L'économie et l'agriculture étaient redevenues florissantes, la culture rayonnait avec la cathédrale Sainte Sophie et les fresques de Ravenne, même si en 529 la philosophie païenne disparut avec la fermeture de l'école d'Athènes. Tout s'acheva en 565.

 

Tous les empereurs auront contribué à leur façon à l'expansion et surtout au rayonnement de la civilisation romaine, en s'inspirant des grecs et des étrusques. La fin du IIè siècle avait marqué l'apogée de l'empire.

è Les dynasties romaines


Les ouvrages français
En France subsistent de nombreux vestiges romains. A Nîmes : la porte Auguste, la maison carrée, les arènes, le castellum divisorium qui permettait de répartir l'eau provenant de l'aqueduc du pont du Gard dans la ville. Ailleurs le théâtre d'Orange, les thermes d'Amélie les bains, de nombreux ponts romains témoignages de l'intelligence architecturale de cette civilisation, l'aqueduc du pont du Gard, la voie Domitienne tracée en 118 avant J.C. sur 500 km et qui reliait l'Espagne à l'Italie. Elle fait partie des nombreuses voies routières construites par les romains. La conception de ces voies en pierre est très efficace : outre leur forme bombée au centre pour faciliter l'écoulement des eaux de pluie vers les fossés, on trouve des bornes militaires sur les bas-côtés indiquant les distances. Au moyen âge entre le XIè et le XIVè siècle les romains construisent énormément de ponts appelés "Pont du diable" et reconnaissables à leur arche unique et leur profil très bombé en dos d'âne.
Dans le midi de la Gaule, Narbonne est la capitale administrative et politique, Béziers est une ville très peuplée et très active économiquement : c'est déjà une région viticole. Arles est un grand port de commerce et Nîmes est le fief des médecins et des juristes. Nîmes est la vitrine de l'empire romain, c'est pourquoi on y construit tous ces monuments. L'arrière pays trop montagneux est délaissé par les romains.
 
L'époque Chrétienne
C'est pendant la domination romaine que le christianisme qui naquit en Palestine et en Syrie, commence lui aussi son expansion. La religion gagne Rome dès l'empereur Auguste. En effet le monde connaît des souffrances, les peuples sont opprimés, l'être humain se pose des questions existentielles.
Comme au troisième millénaire, la religion propose une alternative de paix, un bon palliatif au désarroi humain, un espoir auquel de nombreux nouveaux croyants vont tenter de se raccrocher. Malgré une excellente organisation, l'église va se heurter aux empereurs tout puissants qui combattent l'église. Il faut attendre l'empereur Constantin en 313 pour que l'église et la pratique du culte soient officiellement tolérées. Et Constantinople devient la capitale de l'empire en 330. En 432 le Pape Sixte III fait construire la basilique Sainte-Marie-Majeure. Au début du Vè siècle le Pape Innocent 1er établit la primauté de l'évêque de Rome dans l'église. C'est à partir du VIè siècle que se construisent les basiliques, les églises innombrables et les couvents. Rome était la capitale de l'empire telle que les empereurs successifs l'avaient instaurée. En 590 le Pape Grégoire le Grand conforte l'autorité civile et religieuse de l'église sur l'occident. A partir de maintenant commence le déclin de la ville de Rome. Or l'église représentée localement par l'évêque s'était adaptée à ces structures administratives, et c'est donc l'évêque de Rome qui naturellement avait revendiqué le titre de "Pape", le plus haut représentant hiérarchique du Christ. Cela fut fait à la fin du IIè siècle, et pendant quelques années la cohabitation Empire-papauté vécut sous la primauté de l'empereur. Puis à la fin du XIè siècle le pape Grégoire VII combattit le mariage des prêtres, désordonna l'église et déclencha la querelle d'investiture pape-empereur qui va durer plusieurs siècles. Dans les villes les différentes familles s'allient soit en faveur de la papauté comme le clan des guelfes, soit en défendant l'Empire comme le clan des gibelins (voir la querelle guelfes/gibelins, partie Florence).

En 1054 l'église orthodoxe naît du schisme entre les églises de Rome et de Constantinople. Entre 1309 et 1377 les papes siègent uniquement en Avignon, puis suite au schisme occidental de 1378 il y aura un Pape à Rome et un en Avignon jusqu'en 1420.
Lorsqu'ils reviennent à Rome, c'est le début de la Renaissance : les papes érudits, mécènes et riches, contribuèrent énormément à l'embellissement de Rome et du Vatican notamment au XVIè siècle en faisant travailler Michel-Ange, Raphaël ... Le pape Sixte IV a fait bâtir la chapelle sixtine, les églises Sainte-Marie de la Paix, Santa Maria del Popolo. Jules II surnommé Pape de la Renaissance en 1503, fit construire la basilique Saint-Pierre, et fit décorer les plafonds de la chapelle Sixtine par Michel-Ange, qui peint notamment "le jugement dernier". Léon X investit Raphaël, Paul II fit construire le palais Farnèse etc.

Au XIXè la ville compte 165000 habitants et le Pape souverain refuse tout développement urbain; cependant que les écrivains Stendhal, Chateaubriand et Goethe font le voyage jusqu'à Rome et le relatent dans leurs livres.
 
Rome aujourd'hui

C'est en 1870 que se réalise l'unité italienne après des siècles de guerres, et que Rome devient capitale du royaume italien. Puis en 1946 après la mort du Roi, l'Italie est à nouveau proclamée République.
Aujourd'hui il subsiste plus de 300 églises à Rome toutes décorées avec magnificence à l'intérieur. Les façades restent souvent discrètes et se confondent dans les rues. La cité du Vatican forme un état indépendant dont le pape est le souverain. Il règne aussi sur les 4 basiliques majeures de Rome, les catacombes, quelques séminaires et la villa de Castel Gandolfo depuis les accords de Latran en 1929, qui ont proclamé la cité du Vatican "état libre" de 44 ha.